“Il y a un an, ce n’était qu’un chantier. Aujourd’hui, nous tenons enfin les clefs de notre futur magasin Leroy Merlin !” Philippe Nativel, directeur du magasin, tient entre ses mains le symbole d’une mutation commerciale majeure pour Clermont-Ferrand.
En décembre 2025, l’enseigne de bricolage quittera définitivement le Brézet pour s’installer aux Gravanches dans un complexe de 12 000 m² de surface commerciale, auxquels s’ajoutent environ 4 000 m² de réserves. L’ensemble emploiera à terme près de 190 à 200 personnes, représentant environ 160 à 170 équivalents temps complets.
Une opération dont l’investissement global avoisine 25 à 30 millions d’euros, terrain compris, et qui redessine l’offre commerciale métropolitaine.
Du Brézet aux Gravanches : nécessité fait loi
Le déménagement répond à des contraintes devenues insurmontables. L’actuel magasin du Brézet souffre d’un manque de place chronique et de difficultés d’accessibilité, particulièrement pour les livraisons et l’accueil des clients venant de la périphérie clermontoise.
Le nouveau site des Gravanches, implanté juste à côté d’IKEA et à proximité immédiate de l’A75, transforme ces handicaps en atouts stratégiques.
Philippe Nativel assume cette logique géographique : “Les Gravanches vont nous permettre d’attirer des clients à deux ou trois heures de Clermont-Ferrand, ce sera plus facile de se garer.” Cette relocalisation vise à élargir considérablement la zone de chalandise, Leroy Merlin espérant désormais capter une clientèle élargie grâce à une visibilité et une accessibilité accrues.
Un parking qui change la donne
Le nouveau site offrira environ 350 places de stationnement tout compris, contre seulement 90 dans l’ancien magasin. Cette capacité, organisée en silo au-dessus de la cour des matériaux, constitue l’un des éléments clés du projet.
Elle doit faciliter le parcours client tout en libérant des surfaces au sol pour d’autres usages, notamment la végétalisation et l’aménagement d’espaces extérieurs accueillants.
L’ambition d’accueil reste forte, même si les prévisions de fréquentation sont nuancées : l’enseigne vise entre 5 600 et 6 000 visiteurs par jour, principalement le week-end, où les flux sont les plus importants.
L’emploi au cœur du projet économique
Avec un effectif actuel proche de 170 salariés – contre 119 lors de l’arrivée de Philippe Nativel en 2015 – le nouveau Leroy Merlin représente une montée en puissance significative. En équivalent temps complets, cela correspond déjà à 145 postes, et l’objectif est de monter rapidement autour de 160 à 170 ETC, soit près de 190 à 200 personnes au total.
Cette croissance s’accompagne d’une modernisation des conditions de travail : locaux sociaux repensés, espaces de détente et vestiaires adaptés aux besoins des équipes.
Innovation et services : l’offre se réinvente
La surface de vente de 12 000 m² se répartit entre 8 115 m² en intérieur et 3 751 m² en extérieur, avec 4 000 m² de réserves.
Cette configuration permet de créer de nouveaux espaces d’exposition et de conseil, notamment autour de la rénovation énergétique, enjeu majeur pour le territoire.
La location d’outillage, service en pleine expansion, bénéficie également d’espaces renforcés pour répondre aux besoins grandissants des particuliers et professionnels.
L’aménagement intérieur privilégie la philosophie “simplicité = efficacité”, avec une logistique repensée pour le service au magasin et le retrait marchandises.
Cette approche opérationnelle vise à fluidifier l’expérience client dans un environnement commercial de plus en plus concurrentiel.
L’engagement environnemental comme différenciation
Le nouveau magasin se distingue par ses 25 000 m² d’espaces verts, dont 8 242 m² de toitures végétalisées et 2 500 m² dédiés à l’accueil paysager devant le magasin, offrant un environnement apaisé dès l’arrivée du client.
S’y ajoutent 2 500 m² de panneaux photovoltaïques pour la production d’énergie solaire.
Au-delà de la communication, ces aménagements participent à la gestion des eaux pluviales et à la préservation de la biodiversité locale, positionnant Leroy Merlin comme acteur de la transition écologique territoriale.
Dynamiques territoriales et concurrence
L’implantation aux Gravanches s’inscrit dans une stratégie de renforcement du pôle commercial nord de Clermont-Ferrand.
La proximité avec IKEA crée des synergies potentielles et positionne la zone comme destination privilégiée pour l’équipement de la maison. Cette concentration commerciale génère un effet d’entraînement pour l’ensemble du secteur.
Le directeur souligne d’ailleurs cette coopération de bon voisinage : “Merci à nos futurs voisins d’IKEA et à mon collègue Bruno Salasc de nous avoir dépannés d’une salle fraîche en pleine canicule !” Une anecdote qui illustre des relations pragmatiques entre enseignes concurrentes.
Les défis de la mise en service
La phase d’aménagement, qui a débuté avec la réception des clés par GCI Eiffage Construction en août, représente un défi logistique majeur.
Philippe Nativel coordonne cette transition avec son comité de direction, en partenariat avec le CSE, notamment sur les questions de sécurité, véritable pôle incontournable au sein du magasin. L’équipe est également accompagnée par le leader prévention Région, afin d’assurer une organisation optimale et la maîtrise des risques.
Cette préparation minutieuse vise à éviter les écueils classiques des ouvertures de grands magasins : retards, dysfonctionnements logistiques ou accidents pendant la phase d’installation. L’objectif d’ouverture en décembre 2025 nécessite une synchronisation parfaite entre les différents corps de métier.
Le nouveau Leroy Merlin de Clermont-Ferrand cristallise ainsi les mutations du commerce de détail : recherche d’accessibilité, course aux services, intégration environnementale et optimisation de l’expérience client.
Reste à vérifier si cette stratégie d’investissement lourd permettra de capter effectivement la clientèle élargie visée et de rentabiliser un projet qui engage l’avenir commercial de l’enseigne sur le territoire auvergnat.
Comme le rappelle Philippe Nativel, “l’aventure continue”, mais dans un contexte concurrentiel où chaque détail compte pour fidéliser une clientèle de plus en plus exigeante.