Depuis mars 2026, Jérôme Guillouët est directeur général délégué du groupe France Thermes, chargé de l’exploitation de Vy Resort. Cette marque réunit les activités thermales, de bien-être et d’hôtellerie-restauration de la Compagnie de Vichy.
Révélée par les Carnets économiques de Vichy Économie, sa nomination a retenu l’attention de notre rédaction. Elle place un professionnel de l’hôtellerie haut de gamme à la tête du resort, au moment où sa transformation entre dans la dernière ligne droite.
Le choix du profil en dit long sur la stratégie. Pour piloter son site vichyssois, France Thermes n’a pas recruté un spécialiste de la cure conventionnée. Il a choisi un hôtelier.
Originaire de Dinan, en Bretagne, Jérôme Guillouët a construit l’essentiel de sa carrière dans l’hôtellerie-restauration et les spas haut de gamme, dans une douzaine de pays.
Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Bahamas, États-Unis, Japon ou île Maurice : son parcours l’a mené sur les marchés les plus exigeants du tourisme de bien-être.
En 2009, il prend la tête d’un groupe gérant 700 unités d’hébergement réparties sur six sites. Avant de rejoindre Vichy, il dirigeait pour France Thermes les Thermes de Vittel, avec pour mission de préparer l’organisation d’un futur resort thermal dans les Vosges.
Ce projet, installé sur des infrastructures exploitées jusqu’en 2021 par le Club Med, est aujourd’hui en pause, le temps de finaliser son montage financier.
Le groupe lui a alors confié son établissement le plus important, celui que ses dirigeants considèrent comme leur navire principal. « Je ne pouvais pas refuser de prendre la direction du resort de Vichy », confiait-il au quotidien Vosges Matin au moment de sa nomination.
Près de 500 emplois sous une même bannière
Le périmètre n’a rien de symbolique. Le nouveau directeur pilote l’ensemble des activités et établissements du resort : près de 300 salariés en CDI, complétés par près de 200 saisonniers.
À cette responsabilité opérationnelle s’ajoute une mission stratégique sur la politique commerciale.
Ce point est central. Dans un modèle où les soins thermaux, l’hébergement, la restauration et le bien-être sont vendus sous une marque unique, la performance se joue sur la capacité à faire séjourner, revenir et dépenser une clientèle de plus en plus diverse.
Le nouveau directeur le formule sans détour : il s’agit d’élargir l’offre pour attirer davantage de visiteurs, et des profils plus variés.
C’est là que se situe le changement de modèle. Le curiste conventionné reste la base de l’activité, mais il ne suffit plus à faire vivre une station de cette taille.
58 millions d’euros pour réinventer la station
Jérôme Guillouët hérite d’un chantier engagé de longue date. France Thermes a acquis la Compagnie de Vichy en 2019.
Avec la Ville de Vichy, le groupe a lancé le programme « Vichy Accélération 2030 ». Ce plan de 58 millions d’euros d’investissement vise à créer un resort thermal et touristique intégré.
La transformation avance par pôles. En 2024-2025, la médecine thermale a été rénovée, avec les Thermes Callou, qui accueillent les cures conventionnées. L’Ibis Vichy a été rénové et la Résidence Callou créée.
En 2025-2026, le chantier s’est porté sur le pôle premium, la prévention santé et les bains, avec le Mercure Vichy et la Résidence les Dômes.
Point d’orgue de cette phase, les Thermes premium les Dômes ont rouvert en juin 2026, entièrement rénovés.
La restauration suit le même mouvement. Le restaurant du Mercure doit être réhabilité, avec une carte tournée vers la nutrition-santé et les saveurs méridionales. L’Ibis propose de son côté un bistrot auvergnat.
2027, l’année des dernières pièces du puzzle
Deux chantiers majeurs restent à livrer, et ils dessinent la suite de la stratégie commerciale.
Le premier, les Bains les Dômes, doit être finalisé en 2027 dans l’aile Est des Thermes les Dômes. Cet espace aqualudique, aménagé dans le bâtiment patrimonial, réunira des bassins de détente intérieurs et extérieurs, des activités aqualudiques et des espaces de sport-santé.
Il s’adresse à une clientèle que la cure classique ne touchait pas : visiteurs à la journée, courts séjours, familles.
Le second concerne le pôle luxe des Célestins, qui associe spa thermal et hôtel cinq étoiles. Sa rénovation doit débuter en janvier 2027, pour une finalisation des extérieurs et de l’infrastructure technique en mai 2027.
C’est sur ce segment que l’expérience internationale du nouveau directeur trouve tout son sens. Le haut de gamme thermal se vend face aux grandes destinations de bien-être européennes, pas seulement face aux autres stations françaises.
La concession de 2030, véritable horizon
Une date conditionne la suite : 2030. Comme le relève Vichy Économie, une nouvelle série de travaux, portant sur les intérieurs et les chambres, est envisagée sous réserve du renouvellement de la concession d’exploitation à cette échéance.
Le calendrier du programme « Vichy Accélération 2030 » n’a donc rien d’un hasard. Les prochaines années serviront à démontrer que le modèle intégré fonctionne, en fréquentation comme en recettes.
Pour la Ville comme pour le groupe, l’enjeu dépasse le seul resort. Il touche à l’image d’une station inscrite depuis 2021 au patrimoine mondial de l’Unesco, au sein des Grandes villes d’eaux d’Europe, et à l’économie touristique de tout le bassin.
Jérôme Guillouët semble en tout cas avoir trouvé ses marques. « Ici les projets sont tenus et il fait bon vivre et travailler à Vichy », assure-t-il à Vichy Économie.
Crédit Photo : Vichy Economie