Après dix ans sous une présidence unique, l’association des commerçants de Vichy a posé, le 18 mars 2026, les bases d’une gouvernance profondément renouvelée.
Co-présidence, vice-présidences thématiques, référents de quartiers : Vichy Commerce s’organise comme une entreprise, au service d’un commerce de centre-ville qui joue une partition essentielle dans l’attractivité de la Cité thermale.
Une décennie de socle, et maintenant le saut
Il y a des moments dans la vie d’une association où la stabilité cesse d’être une vertu suffisante. Après dix ans à tenir la barre, Jean-Jacques Rouy le sait mieux que quiconque. Commerçant retraité, il a construit patiemment le réseau que Vichy Commerce représente aujourd’hui : plus de 280 adhérents, une légitimité reconnue par les institutions, et un prix national décroché lors des Trophées du Commerce organisés par CCI France — une consécration rare pour une association de commerçants de ville moyenne.
Mais une récompense nationale est aussi un signal. Celui qu’il faut capitaliser, accélérer, se structurer pour durer. C’est dans cet état d’esprit que l’assemblée générale du 18 mars 2026 a acté une refonte en profondeur de la gouvernance de l’association. Non pas une rupture, mais une transmission calculée, menée avec méthode.
La grande nouveauté : pour la première fois de son histoire, Vichy Commerce fonctionne avec une co-présidence. Jean-Jacques Rouy reste garant de la continuité et du lien institutionnel. À ses côtés, Romain Frémé, gérant des magasins Culinart et Garnier Thiebaut au cœur de Vichy, apporte le regard d’une nouvelle génération de commerçants, ancrée dans les réalités d’un commerce de centre-ville “intensif” — ouvert sept jours sur sept, tourné vers l’expérience client et attentif aux usages numériques.
Cette cohabitation entre le fondateur et l’héritier n’est pas une figure rhétorique. Elle répond à un enjeu concret : assurer la mémoire de l’association tout en libérant l’énergie nécessaire pour accélérer.

Une gouvernance structurée comme une organisation professionnelle
Ce qui frappe dans le nouveau bureau de Vichy Commerce, c’est moins le changement de têtes que la logique de structuration qui le sous-tend. L’association s’est dotée de quatre vice-présidences thématiques, chacune couvrant un périmètre d’action précis et complémentaire.
Nelly Chassot prend en charge les relations extérieures et le rôle de porte-parole. Dans une association qui dialogue avec la Ville de Vichy, Vichy Communauté, la CCI et les acteurs économiques du territoire, disposer d’une voix identifiée et d’un pilote clairement désigné pour les relations institutionnelles n’est pas un luxe.
Maëlle Lagneaux hérite de la communication et des réseaux sociaux. L’enjeu est considérable : dans une ville où le tourisme thermal et le label UNESCO Grande Ville d’Eaux d’Europe apportent chaque année une clientèle mobile, connectée, en quête d’informations en temps réel, la capacité à faire rayonner les commerces vichyssois sur les plateformes digitales est devenue un levier d’attractivité à part entière. La mise à niveau de la présence numérique de l’association est l’un des chantiers prioritaires de la mandature.
Jonathan Paillet pilote les animations et la coordination des référents. C’est lui qui va superviser le maillage territorial que l’association ambitionne de renforcer, via la nomination prochaine de six référents de quartiers. Objectif : ne plus traiter le centre-ville comme un bloc homogène, mais adapter les opérations commerciales aux spécificités de chaque secteur, en s’appuyant sur des relais de terrain en contact direct avec les commerçants.
Patrick Goninet prend en charge les événements — entendus au sens de rendez-vous structurants : temps forts calendaires, manifestations thématiques, opérations co-organisées avec les partenaires institutionnels ou privés. Son rôle est complémentaire de celui de Jonathan Paillet : là où ce dernier anime le quotidien, Patrick Goninet construit les temps forts qui donnent du relief à l’année commerciale.
Le bureau est complété par Alexandre Duperoux au poste de trésorier et Catherine Marchand comme secrétaire, deux fonctions de structure indispensables à la solidité administrative d’une association qui gère animations, chèques cadeaux, cotisations et sollicitations de financements publics.
Romain Frémé et les trois défis d’une mandature
Romain Frémé ne se contente pas d’un titre. Dans les premières prises de parole qui ont suivi son élection à la co-présidence, il a articulé sa vision autour de trois axes qui dessinent une feuille de route cohérente.
Moderniser l’association d’abord. Cela passe par des outils de communication actualisés, une présence digitale renforcée, des process internes plus fluides. Une association de commerçants qui ne se modernise pas court le risque de devenir invisible pour les enseignes plus jeunes, moins attachées aux structures traditionnelles et plus tentées par d’autres formes de mise en réseau.
Intensifier les actions ensuite. Plus d’animations, plus d’opérations commerciales, plus de fréquence dans les temps forts. L’attractivité d’un centre-ville se construit dans la durée et dans la répétition : un marché nocturne, une braderie bien huilée, une opération chèques cadeaux bien relayée ont plus d’impact sur le trafic piéton qu’un grand événement isolé.
Travailler la mémoire du commerce vichyssois enfin. Ce troisième axe, plus inattendu, est peut-être le plus révélateur de la sensibilité du nouveau co-président. Valoriser l’histoire des commerces de Vichy — leurs fondateurs, leurs évolutions, leurs transmissions —, c’est construire une identité collective, un récit de territoire qui donne du sens à l’appartenance à l’association. C’est aussi, dans une ville fortement marquée par son patrimoine architectural et thermal, une façon de raccorder le commerce vivant d’aujourd’hui à la profondeur historique qui fait la singularité de Vichy.
Vichy Commerce dans l’écosystème d’attractivité du territoire
Il serait réducteur de lire la réorganisation de Vichy Commerce comme une simple affaire interne à l’association. Elle s’inscrit dans un contexte territorial précis, avec des interdépendances fortes.
La Ville de Vichy, dont la majorité “Vichy passionnément” conduite par Frédéric Aguilera a été reconduite lors des dernières élections municipales de 2026, a fait de l’attractivité de centre-ville l’un de ses axes stratégiques. Les politiques de requalification urbaine, la valorisation du label UNESCO, la montée en gamme de l’offre hôtelière et de restauration créent un environnement favorable au commerce de qualité — mais qui exige en retour des acteurs commerciaux capables de s’organiser, de communiquer et de s’adapter.
Vichy Commerce joue ici un rôle d’interlocuteur structurant. L’association participe aux décisions d’urbanisme qui impactent le tissu commercial, elle fédère les associations de commerçants, elle porte les intérêts des indépendants face aux grands opérateurs. La professionnalisation de sa gouvernance est donc un signal envoyé à l’ensemble de l’écosystème : la Ville, Vichy Communauté, la CCI de l’Allier, et les commerçants eux-mêmes.
Les prochaines semaines comme premier test
Dans les semaines qui viennent, Vichy Commerce doit présenter ses orientations stratégiques et finaliser la nomination des six référents de quartiers. Ces deux échéances seront un premier test pour la nouvelle gouvernance.
Les orientations stratégiques diront si l’ambition de modernisation et d’intensification se traduit en objectifs mesurables, en budget alloué, en calendrier d’actions. Les référents de quartiers, eux, seront le signe concret que l’association assume une présence de terrain différenciée, adaptée aux réalités de chaque secteur du centre-ville.
Jean-Jacques Rouy a construit en dix ans une architecture solide. Romain Frémé et le nouveau bureau héritent d’une maison en état.
Reste à en faire un moteur.
Crédit Photo : Vichy Economie – En voir plus : https://www.linkedin.com/company/vichy-economie/posts/?feedView=all