Le jeudi 21 novembre 2024, Turing 22 à Clermont-Ferrand a accueilli une nouvelle rencontre de l’Interclub économique du Grand Clermont-Ferrand.
Animée par Gilles Flichy, cette édition a réuni plusieurs clubs parmi les 35 adhérents, tous engagés pour le développement économique et l’attractivité de l’Auvergne. La rencontre a permis de faire le point sur les activités des clubs tout en proposant une intervention très attendue de Stéphanie Dalle, responsable de l’Apec en Auvergne.
Sa présentation, intitulée “Travailler demain, les Futurs du travail”, a offert des éclairages particulièrement appréciés sur les transformations en cours du monde du travail et les enjeux liés à l’émergence de l’intelligence artificielle.
Les Futurs du Travail : entre quête de sens et révolution technologique
Stéphanie Dalle, responsable de l’Association pour l’Emploi des Cadres (APEC) Auvergne, est intervenue devant les membres de l’Interclub du Grand Clermont chez Turing 22 pour une présentation intitulée : « Travailler demain, les Futurs du travail ».
Lors de cette réunion, elle a mis en lumière les grandes mutations du monde professionnel, marquées par une double tension entre la quête de sens, la flexibilité et les avancées technologiques.
À travers des exemples concrets et des statistiques, elle a décrypté les bouleversements en cours et esquissé les tendances qui redéfiniront le travail de demain.

Une mutation profonde du rapport au travail
Le travail n’occupe plus la même place dans la vie des individus. Les crises récentes, notamment la pandémie de Covid-19, ont accéléré un changement structurel.
Aujourd’hui, une majorité de Français préfère accorder davantage de temps libre à leurs loisirs et à leur vie personnelle, quitte à sacrifier une partie de leur salaire.
Cette tendance, particulièrement marquée chez les jeunes générations, reflète une recherche d’activités alignées avec leurs valeurs personnelles et environnementales. Ainsi, 61 % des salariés préfèrent gagner moins pour disposer de plus de temps libre.
La révolution technologique au service du travail… et ses risques
La digitalisation et l’intelligence artificielle (IA) redessinent le paysage professionnel. Tandis que l’automatisation menace jusqu’à 25 % des emplois actuels, elle crée également de nouvelles opportunités, notamment dans des métiers liés à l’analyse des données, à l’éthique ou à l’optimisation des systèmes automatisés.
Cependant, cette transition s’accompagne de disparités croissantes : les travailleurs qualifiés profitent davantage des opportunités offertes, tandis que les moins qualifiés risquent une marginalisation accrue.
Par ailleurs, l’impact environnemental du numérique, représentant déjà 4 % des émissions mondiales de CO₂, suscite des interrogations sur la nécessité d’une sobriété technologique.

Les entreprises face à une réinvention nécessaire
Face à ces bouleversements, les entreprises adoptent de nouveaux modèles pour attirer et retenir les talents. Le télétravail, autrefois marginal, est devenu une norme dans de nombreuses professions. Selon les données partagées, 70 % des cadres estiment que cette organisation améliore leur qualité de vie.
Par ailleurs, la semaine de quatre jours séduit de plus en plus d’entreprises, offrant un équilibre optimal entre bien-être des salariés et performance organisationnelle.
La jeunesse redéfinit les codes
Les générations Z et Alpha redéfinissent la relation au travail. Pour ces jeunes actifs, le travail n’est plus une fin en soi, mais un moyen de contribuer à des projets porteurs de sens.
Plus de 50 % des jeunes diplômés considèrent l’utilité sociale comme un critère indispensable. Ils plébiscitent des environnements flexibles, hybrides et souvent multiples, où ils peuvent cumuler plusieurs activités.
Des enjeux éthiques et sociétaux cruciaux
Stéphanie Dalle a également abordé les débats éthiques que suscitent les avancées technologiques.
Si l’IA promet de transformer des secteurs tels que la santé, les transports et l’éducation, elle pose aussi la question de son contrôle et de ses impacts sur les libertés humaines. Des initiatives comme l’IA Act en Europe visent à encadrer ces technologies pour éviter les dérives tout en stimulant l’innovation.
Un défi pour l’avenir
Le travail de demain ne pourra plus être envisagé comme un simple outil utilitaire. Il devra devenir un vecteur d’épanouissement personnel et collectif, en répondant à la quête de sens, à la flexibilité et aux nouvelles attentes environnementales.
Le défi est immense pour les entreprises et les décideurs, mais l’évolution en cours est une opportunité de réinventer le travail et ses valeurs au service de l’humain.
L’Interclub, une dynamique collective au service de l’Auvergne
Réunissant les forces vives de la région, l’Interclub économique du Grand Clermont-Ferrand se positionne comme un acteur incontournable dans l’échiquier économique de l’Auvergne.
Avec pour ambition de faire rayonner le territoire au-delà de ses frontières, l’Interclub porte une vision ambitieuse et mobilisatrice.
Ses missions couvrent un large spectre d’initiatives stratégiques. En renforçant les synergies entre acteurs économiques, il organise des événements majeurs pour dynamiser le territoire et attirer de nouvelles opportunités.
Par ailleurs, l’Interclub joue un rôle essentiel en accompagnant les projets structurants qui contribuent au rayonnement culturel et économique de la région.
Cette dynamique lui permet d’être une véritable force de proposition face aux décideurs locaux, influençant ainsi les choix stratégiques pour une gouvernance adaptée aux ambitions du territoire.
En s’appuyant sur les atouts uniques de l’Auvergne — sa qualité de vie, son patrimoine et ses talents — l’Interclub valorise ces richesses pour accroître l’attractivité régionale.
En stimulant les coopérations entre ses membres, il favorise des échanges et des partenariats stratégiques qui renforcent l’écosystème local.
Enfin, chaque réunion s’enrichit de la présence de figures clés de l’écosystème, apportant des perspectives nouvelles et innovantes.
Cet élan collectif, porté par 35 clubs et associations, illustre une volonté commune de faire de l’Auvergne une référence en matière de coopération économique et d’innovation