Une journée spéciale dédiée à la mobilité hydrogène était organisée cette semaine, en partie au Centre diocésain de pastorale à Clermont, un an après la mise en service de la station hydrogène HYmpulsion à Cournon. L’une des douze existantes dans la grande région.
Un article rédigé par Louis Chanson – RCF Puy de Dôme,
Une journée dédiée à la mobilité hydrogène était organisée mercredi 3 juin à Clermont-Ferrand. Alors que la métropole de Clermont a fait le choix de cette énergie pour alimenter une partie de la flotte de son réseau de transport en commun, plusieurs interrogations demeurent.
Tout d’abord au niveau de la sécurité, puisque l’hydrogène est connu comme un gaz très inflammable. Florian Chevallier, président d’HYmpulsion, société chargée de développer un réseau de stations en Auvergne-Rhône-Alpes, se veut rassurant sur les questions de fiabilité : « Il n’y a pas plus de risques sur un véhicule hydrogène que sur un véhicule diesel, le risque est totalement maitrisé. C’est plutôt sur l’aspect économique qu’il faut faire des efforts, il y a toujours trop peu de volumes, c’est donc en massifiant qu’on va pouvoir avoir des effets d’échelles et à diminuer le coût pour être compétitif ».

L’enjeu de la conversion des poids lourds
Clermont-Ferrand et sa métropole est pionnière dans l’usage de cette énergie, avec de plus en plus de transports roulant à l’hydrogène.
« Aujourd’hui il y a une douzaine de stations, une vingtaine d’autocars de la région qui circulent, ça reste encore embryonnaire et trop peu pour avoir une rentabilité sur un réseau de douze stations. Il faut absolument massifier les usages par des flottes d’autocars de la Région, avec la mise en circulation de cinquante cars, et convertir des flottes de poids lourd à des usages hydrogènes » développe Florian Chevallier.
Le spécialiste du rétrofit, GCK, est d’ailleurs implanté à Lempdes et Cournon, mais l’entreprise vient d’être mise en redressement suite à des problèmes de trésorerie, avec une décision du tribunal de commerce attendue en juillet.
Un article rédigé par Louis Chanson – RCF Puy de Dôme,

En savoir plus :
En dix ans, la Région Auvergne‑Rhône‑Alpes a construit l’un des premiers réseaux de mobilité hydrogène en France, en s’appuyant sur le projet Zero Emission Valley et sur des investissements publics et privés de plusieurs dizaines de millions d’euros.
La station HYmpulsion de Cournon‑d’Auvergne, inaugurée il y a un an, fait partie d’un réseau régional qui compte aujourd’hui 12 stations en service.
Côté véhicules, la région affiche désormais 50 cars rétrofités à l’hydrogène par GCK Mobility, dont 16 déjà en exploitation commerciale, et près de 20 bus H₂ en circulation dans la métropole clermontoise avec le SMTC et Keolis Pays des Volcans.

Ces flottes pilotes doivent permettre de massifier les usages pour faire baisser le coût du kilo d’hydrogène et améliorer la rentabilité des stations.
La filière s’appuie sur un écosystème industriel local : production et distribution d’hydrogène, rétrofit et équipements pour véhicules lourds, opérateurs de transport, bureaux d’études et centres de recherche. Cet ensemble fait d’Auvergne‑Rhône‑Alpes un des territoires européens les plus avancés sur la mobilité hydrogène, mais la phase actuelle reste exigeante : modèles économiques à stabiliser, coûts d’investissement élevés et besoin de volumes supplémentaires.
Pour Clermont‑Ferrand et son bassin d’emploi, ces projets représentent un enjeu concret de transition industrielle : maintien et reconversion de compétences issues de l’automobile, création de nouveaux métiers (maintenance H₂, ingénierie systèmes, exploitation de stations) et opportunité de positionner le territoire auvergnat sur une technologie de rupture plutôt que de la subir.