Contrairement aux salariés, un entrepreneur ne bénéficie d’aucun filet de sécurité en cas d’échec… sauf s’il a souscrit une assurance adaptée. Marc Lamotte, représentant de la GSC (Garantie Sociale du Chef d’Entreprise) en région Auvergne-Rhône-Alpes, est venu déconstruire un mythe et rappeler une réalité : il est possible de sécuriser son avenir en cas de coup dur.
« Les salariés ont droit au chômage. Les entrepreneurs aussi… à condition d’anticiper », a-t-il martelé devant une salle de futurs créateurs d’entreprise.
Une assurance méconnue mais essentielle
Créée par les grandes organisations patronales (MEDEF, CPME, U2P), la GSC est une assurance perte d’emploi dédiée aux dirigeants d’entreprise. Son objectif est simple : permettre aux chefs d’entreprise de rebondir en cas de liquidation ou de redressement judiciaire.
Pourquoi souscrire à la GSC ?
Marc Lamotte a mis en garde les futurs entrepreneurs : la moitié des entreprises ne survivent pas au-delà de cinq ans. Mais ce n’est pas parce qu’on se protège qu’on va échouer, bien au contraire.
« Se couvrir avec la GSC, ce n’est pas un signe de faiblesse, c’est un gage de prudence », a-t-il insisté.
En cas de défaillance involontaire de l’entreprise, un entrepreneur couvert par la GSC peut toucher jusqu’à 80 % de son revenu net imposable sous forme d’indemnité, et ce, pendant 9 à 18 mois selon le contrat souscrit.
Une protection accessible dès la création d’entreprise
Contrairement aux idées reçues, la GSC n’est pas réservée aux dirigeants de grandes entreprises. Un entrepreneur peut y souscrire dès la création de son activité, et pour un coût modeste.
Un exemple concret :
- Pour 35 € par mois, un entrepreneur en phase de lancement (gagnant moins de 20 000 € par an) peut bénéficier, en cas de liquidation, d’une indemnité de 1 000 € par mois pendant 6 mois.
- Au fil du temps, les cotisations évoluent en fonction des revenus, permettant de garantir une indemnisation pouvant atteindre 250 000 € pour les dirigeants de grandes entreprises.
« Beaucoup d’entrepreneurs pensent que l’échec ne les concerne pas, jusqu’au jour où il frappe à leur porte », a souligné Marc Lamotte, lui-même ancien entrepreneur ayant connu une liquidation.
Une protection encore trop peu utilisée
Aujourd’hui, seul 1 % des chefs d’entreprise français sont couverts par la GSC. Pourtant, la prévoyance est essentielle :
- Un accident, une crise économique ou un client défaillant peuvent mettre une entreprise en grande difficulté.
- En cas de liquidation, un entrepreneur sans couverture n’a droit à rien et peut se retrouver sans revenu du jour au lendemain.
Marc Lamotte a également insisté sur un autre chiffre inquiétant : 50 % des entrepreneurs ne souscrivent même pas à une prévoyance santé.
« Les dirigeants oublient trop souvent qu’ils ne sont pas invincibles. L’accident, la maladie ou un coup dur économique peuvent arriver à tout moment », a-t-il prévenu.
GSC : une sécurité pour mieux entreprendre
Loin d’être une charge supplémentaire, la GSC permet aux entrepreneurs de travailler avec plus de sérénité, sachant qu’en cas d’imprévu, ils auront les moyens de rebondir.
Le message de Marc Lamotte est clair : être un entrepreneur audacieux ne signifie pas être imprudent. Se protéger aujourd’hui, c’est s’assurer un avenir, même en cas de tempête.