« Il faut combler le fossé entre formation universitaire et besoins des entreprises », affirme Sophie Momège, fondatrice des laboratoires Kôl et présidente du Club des Entreprises de l’Université Clermont Auvergne (UCA). Entre réseaux dynamiques et initiatives audacieuses, elle détaille un projet qui vise à renforcer les liens entre étudiants, enseignants et entreprises locales.
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Sophie Momège : Entrepreneuriat et engagement local
Pharmacienne de formation, Sophie Momège a consacré 25 ans à l’ophtalmologie au sein des laboratoires Théa avant de créer, en 2020, son propre laboratoire spécialisé dans les maladies rares de l’œil. « J’ai beaucoup appris chez Théa sous la direction d’Henri Chibret. Cela m’a donné le courage de lancer ma propre aventure », explique-t-elle. Aujourd’hui, les laboratoires Kôl comptent 16 salariés et s’appuient sur un réseau d’administrateurs indépendants pour poursuivre leur croissance.
Son engagement entrepreneurial s’accompagne d’un réseau solide. Elle est membre de Réseau Entreprendre et du village By CA. Elle souligne aussi l’avantage d’être une femme dans ce milieu : « Comme il y a peu de femmes chefs d’entreprise, cela offre de la visibilité et des opportunités de soutien. »
Le Club des Entreprises de l’Université Clermont Auvergne : Un pont entre deux mondes
Fondé en 2023 sous l’impulsion de Mathias Bernard, président de l’UCA, et de Cécile Charasse Pouele, ancienne directrice d’IUT et enseignante-chercheure, le Club des Entreprises vise à rapprocher l’université des entreprises auvergnates.
Un trépied collaboratif
Le Club repose sur trois acteurs essentiels : les entreprises, les enseignants et les étudiants. Sophie Momège détaille : « Il faut écouter les besoins des entrepreneurs, comprendre comment les étudiants sont formés et mieux coordonner les stages et alternances. » Cette approche vise à réduire l’écart entre la théorie et la pratique, souvent ressenti par les jeunes diplômés.
Sophie Momège ajoute : « En tant que chef d’entreprise, je sais combien il peut être difficile de trouver des stagiaires ou alternants qualifiés. Ce Club offre une passerelle unique pour accéder à ces talents. » Elle met aussi en avant l’importance du dialogue avec les enseignants : « Comprendre leur approche et leurs contraintes est essentiel pour construire des formations pertinentes. »
Rayonner, Relier, Réussir : Les trois piliers du Club
Rayonner
Le Club s’adresse principalement aux PME, start-ups et ETI auvergnates, tout en maintenant des partenariats avec les grands noms comme Michelin ou Théa. Une particularité : l’adhésion est gratuite pour les petites entreprises, tandis que les grandes deviennent sponsors. « C’est essentiel pour organiser des événements et soutenir les initiatives du Club », précise Sophie Momège. « Cette collaboration permet de créer une énergie collective au service de notre écosystème local. »
Relier
En facilitant l’accès aux informations sur les formations, stages et alternances via la plateforme UCA Pro, le Club renforce le lien entre tous les acteurs. Cécile Charasse Pouele ajoute : « Ce calendrier des stages est une ressource précieuse pour les entreprises en recherche de talents. »
Sophie Momège partage un exemple personnel : « Quand j’ai eu besoin d’un comptable en alternance, je ne savais pas vers qui me tourner. Le Club comble ce type de besoin en structurant l’offre et la demande. »
Réussir
Le dernier pilier met l’accent sur la formation et l’employabilité. « Si l’écart entre la formation et la réalité professionnelle est trop grand, c’est un échec pour tout le monde », affirme Sophie Momège. L’université adapte ses programmes tous les cinq ans, avec un prochain cycle prévu pour 2027-2031, incluant des compétences dans des domaines émergents comme l’intelligence artificielle.
Sophie Momège illustre ce point en citant sa propre expérience : « Dans mon secteur, l’IA devient incontournable. Les jeunes doivent avoir des compétences pratiques et non de simples notions théoriques. »
Des initiatives inspirantes
Parmi les projets du Club, le lancement d’un gala annuel est très attendu. « Nous voulons mettre en valeur les étudiants engagés, qu’ils soient sportifs, pompiers volontaires ou acteurs, et présenter des collaborations exemplaires entre entreprises et universités », explique Sophie Momège. Des trophées récompenseront les initiatives les plus inspirantes.
Elle insiste sur l’importance de la reconnaissance : « Candidater à un trophée peut paraître anodin, mais cela aide à prendre conscience de sa valeur et de son impact. Je l’ai vécu moi-même avec les Trophées des Femmes de l’Économie. »
Une dynamique d’avenir
Avec son organisation agile et ses valeurs de partage, le Club des Entreprises de l’UCA s’impose comme un modèle de collaboration entre le monde éducatif et économique. Comme le résume Sophie Momège : « Ce Club est une chance unique pour les étudiants et les entreprises locales de grandir ensemble. »