Ce 23 mars 2026, la France perd un grand serviteur de la République et un démocrate exemplaire. Lionel Jospin, ancien Premier ministre, membre du Conseil constitutionnel, s’est éteint à l’âge de 88 ans, laissant derrière lui l’héritage d’un homme d’État marqué par la rigueur morale, la droiture et une profonde humanité.
Mais pour ceux qui l’ont croisé en dehors des projecteurs, comme moi à l’IUT de Sceaux entre 1972 et 1973, c’est avant tout le souvenir d’un professeur d’économie exigeant, d’un esprit ouvert, proche de ses étudiants et d’un pédagogue hors pair qui resurgit.
À l’époque, Lionel Jospin était mon professeur principal. Ce qui m’a marqué, c’est sa passion pour l’économie et sa capacité à enseigner sans jamais laisser transparaître ses convictions politiques, alors même que ses engagements étaient connus.
Dans un amphithéâtre où les débats pouvaient s’enflammer, il incarnait la tolérance et l’écoute, des qualités rares et profondément démocratiques qui ont forgé chez ses étudiants le respect de la diversité des idées. Sa sœur, l’écrivaine Noëlle Châtelet, qui enseignait la sociologie dans le même établissement, partageait cette même ouverture d’esprit, créant une atmosphère intellectuelle stimulante et bienveillante.
Son enseignement fut pour moi un véritable appel d’air et un révélateur sur les liens étroits qu’il convient de tisser entre l’économie et l’art, la culture et les sciences humaine. Elle a manifestement susciter chez moi une véritable passion pour le théâtre au service de l’entreprise comme un vecteur de croissance au service de l’art du management.

Lionel Jospin a servi la République avec une conviction inébranlable, mais c’est peut-être dans l’ombre des salles de classe qu’il a le plus marqué les esprits. Il nous a appris que la politique, comme l’économie, se devait d’être au service de l’humain, et que la rigueur n’exclut pas l’empathie.
Ces leçons, je les ai gardées tout au long de ma vie professionnelle, notamment dans mon engagement pour l’accompagnement des jeunes et des entrepreneurs, où l’équilibre entre exigence et bienveillance est essentiel.
Il a su forger les consciences des étudiants en expliquant qu’il est vain d’espérer développer des politiques sociales sans au préalable créer de la valeur à travers les entreprises.
Aujourd’hui, alors que la France pleure un homme qui a marqué son histoire, je tiens à saluer non seulement le Premier ministre, mais aussi l’enseignant qui a su transmettre bien plus que des connaissances : une éthique, une vision de l’engagement, et l’importance de rester fidèle à ses valeurs sans jamais imposer ses idées.
Lionel Jospin restera, pour moi et pour beaucoup, un modèle d’attention, de droiture et d’humanité.
Mes pensées accompagnent sa famille, ses proches, et tous ceux qui, comme moi, ont eu la chance de croiser son chemin.
Une chronique de Gilles FLICHY
Conseil en orientation professionnelle
Animateur de l’Interclub Economique 63
Président de l’Institut de la Vocation