À Clermont-Ferrand, la gouvernance de Michelin s’inscrit dans une logique de stabilité assumée. Le groupe a officialisé la reconduction de Florent Menegaux pour quatre ans supplémentaires à la tête de la gérance, tout en préparant un changement majeur dans son équipe dirigeante : l’arrivée annoncée de Philippe Jacquin comme nouveau numéro deux, en remplacement de Yves Chapot, qui a choisi de ne pas renouveler son mandat.
Une décision structurante pour le premier employeur privé d’Auvergne, symbole industriel du territoire, qui confirme une feuille de route engagée depuis plusieurs années tout en ouvrant une nouvelle phase, plus technologique et orientée R&D.
Une décision formelle, prise au sommet de la gouvernance
La décision a été prise par la Société auxiliaire de gestion (SAGES), après avis unanime du Conseil de surveillance, présidé par Barbara Dalibard.
Le mandat de gérant associé commandité de Florent Menegaux est renouvelé pour une durée maximale de quatre ans, à compter de son échéance, à l’issue de l’assemblée générale prévue le 22 mai 2026.
Dans sa communication officielle, Michelin souligne que « la Société auxiliaire de gestion (SAGES) a pris la décision de renouveler le mandat de gérant associé commandité de Monsieur Florent Menegaux », ajoutant que « la SAGES et le Conseil de surveillance renouvellent leur confiance à Monsieur Florent Menegaux et saluent son action à la tête du Groupe ».
Yves Chapot se retire, Philippe Jacquin appelé à prendre le relais
Ce renouvellement s’accompagne toutefois d’un changement clé dans l’organigramme.
Yves Chapot, gérant non commandité, cogérant et directeur financier, a fait savoir qu’il ne souhaitait pas renouveler son mandat. Il restera en fonctions jusqu’à l’assemblée générale du 22 mai 2026, assurant une transition ordonnée.
La SAGES proposera alors la nomination de Philippe Jacquin en tant que gérant non commandité, faisant de lui le nouveau numéro deux du groupe. Actuellement vice-président en charge de la recherche et du développement et membre du comité exécutif, Philippe Jacquin incarne un profil très orienté innovation, technologies et transformation industrielle.
Un signal fort, dans un groupe engagé depuis plusieurs années dans la diversification de ses activités, au-delà du pneumatique, vers les matériaux avancés, la mobilité durable et les solutions industrielles à haute valeur ajoutée.
Florent Menegaux, un dirigeant hors dynastie mais dans la durée
Âgé de 63 ans, Florent Menegaux dirige Michelin depuis 2019. Il n’est que le deuxième patron du groupe à ne pas appartenir à la famille Michelin, après Jean-Dominique Senard, dont il a assuré la succession au terme d’un plan de transmission longuement préparé.
Entré chez Michelin en 1997, Florent Menegaux a occupé de nombreuses fonctions opérationnelles et exécutives avant d’être désigné en 2018 comme futur gérant commandité, puis officiellement nommé à la tête de la gérance en 2019. Son mandat s’est inscrit dans le déploiement du plan stratégique « Michelin in Motion », salué dès 2021 par la SAGES et le Conseil de surveillance.
Sa reconduction marque la volonté du groupe de préserver une gouvernance jugée « stable et équilibrée », fondée sur la séparation des pouvoirs entre la gérance et le Conseil de surveillance, caractéristique du modèle de société en commandite par actions de Michelin.
Un signal fort pour l’Auvergne industrielle
Au-delà de la gouvernance, cette décision résonne fortement en Auvergne, où Michelin reste un acteur industriel, économique et social central. La reconduction de Florent Menegaux confirme la continuité d’une stratégie pensée sur le long terme, depuis Clermont-Ferrand, dans un contexte industriel mondial marqué par de profondes mutations.
L’arrivée de Philippe Jacquin, avec son profil très R&D, ouvre une nouvelle séquence : celle d’un groupe qui entend conjuguer héritage industriel, innovation technologique et transformation durable, sans rupture brutale mais avec une transition maîtrisée.
Continuité dans le leadership, évolution dans les équilibres internes : Michelin change de numéro deux sans changer de cap.