Chez Turing 22, l’Interclub du Grand Clermont a ouvert ses portes à une initiative singulière : l’association Ma Chance Moi Aussi. Face à une trentaine de représentants de clubs économiques du territoire, André Payerne, président fondateur, et Marie-Victoire Roussille, responsable mécénat et grands donateurs pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, ont exposé une conviction : lutter contre le décrochage scolaire est une nécessité sociale… mais aussi un enjeu économique.
Fondée en 2015, Ma Chance Moi Aussi accompagne 500 enfants vulnérables, en difficulté éducative, issus des quartiers prioritaires en région AURA, Île-de-France et à Rennes. L’enjeu est clair : intervenir très tôt, dès l’âge de 6 ans, et sur le long terme, jusqu’à la fin du collège si nécessaire.
L’objectif affiché est de lutter contre le déterminisme social en s’appuyant sur un accompagnement global, éducatif et préventif, mené en lien étroit avec les familles, les écoles et les collectivités.
Un coût humain et économique majeur
L’association insiste : le décrochage scolaire ne se limite pas à ses conséquences humaines. Son coût se chiffre en dizaines de milliards d’euros chaque année. Dès lors, s’engager dans la lutte contre la marginalisation des jeunes devient un acte à fort impact, aussi bien pour le lien social que pour l’avenir économique du pays.
Les enfants pris en charge bénéficient d’un accompagnement renforcé : après l’école, le mercredi et pendant les vacances. Ce suivi est assuré par des professionnels de l’enfance, dans une logique de coéducation avec les familles. L’enjeu est autant de transmettre des valeurs citoyennes et républicaines que d’éviter l’échec scolaire.
Un placement sociétal durable
Soutenir l’association, affirment ses représentants, revient à s’engager dans un placement sociétal sûr et durable, au service de l’avenir de notre économie. Car en apportant des réponses concrètes à la marginalisation, Ma Chance Moi Aussi agit aussi sur le recrutement futur des entreprises, la sécurité dans les cités et l’apaisement des quartiers.
Face aux dirigeants présents, Marie-Victoire Roussille a rappelé l’intérêt du mécénat pour les entreprises : contribuer financièrement au coût de cet accompagnement vertueux, c’est investir dans des transformations durables du tissu social.
Une ambition nationale, des racines locales
André Payerne, ancien industriel dans la métallurgie, a dirigé des entreprises pendant 40 ans. C’est en observant ses propres petits-enfants qu’il a mesuré l’ampleur des inégalités sociales dans certains quartiers. Il a alors lancé un projet pilote dans les Hauts de Chambéry, avant d’essaimer dans d’autres villes.
Aujourd’hui, il souhaite créer un comité d’ambassadeurs dans chaque région, en capitalisant, en Auvergne, sur le soutien actif de Michelin et de la famille Chibret.
L’Interclub du Grand Clermont : un réseau souple au service du développement économique
Fondé dans les années 1980, l’Interclub du Grand Clermont s’est imposé comme un modèle unique de coopération entre réseaux économiques. Il réunit aujourd’hui entre 35 et 40 clubs économiques du territoire – allant des réseaux d’entrepreneurs aux fédérations professionnelles – autour d’un principe simple : mutualiser les ressources, favoriser les échanges et créer des opportunités concrètes.
Cette structure informelle, sans statut juridique, animée par Gilles Flichy permet une grande souplesse d’organisation. Elle échappe aux luttes de pouvoir ou aux lourdeurs administratives qui freinent parfois les dynamiques collectives.
Chaque mois, un intervenant est invité pour alimenter la réflexion autour de thématiques économiques, sociales ou politiques. Plus qu’un cycle de conférences, l’Interclub agit comme un catalyseur d’initiatives, où se nouent des coopérations durables entre dirigeants, associations, institutions et porteurs de projets.
C’est dans ce cadre que la rencontre avec Ma Chance Moi Aussi a eu lieu, révélant des valeurs partagées autour de l’impact social, de la jeunesse et du territoire.
Une coopération à suivre
Ce jour-là, de belles perspectives de soutien et d’échanges se sont dessinées entre l’association et les clubs économiques présents. L’objectif est clair : contribuer au développement d’une aventure qui replace l’ascenseur social au cœur de l’action des entreprises à mission.