À Saint-Ignat, au cœur de la Limagne, Limagrain Ingredients vient d’annoncer un investissement de 27 millions d’euros répartis sur ses deux sites de production.
Une décision stratégique qui illustre la volonté du groupe coopératif auvergnat de conjuguer innovation nutritionnelle et souveraineté alimentaire, dans un contexte mondial de tensions sur les ressources et de transition agricole.
Une inauguration sous le signe de l’innovation et du territoire
« Ces projets stratégiques traduisent la mission de Limagrain : valoriser les filières agricoles locales, innover pour une meilleure alimentation et contribuer à la souveraineté alimentaire de la France », a rappelé Sébastien Vidal, président du groupe, lors de l’inauguration. L’événement a réuni un parterre institutionnel de haut niveau : Joël Mathurin, préfet du Puy-de-Dôme, Olivier Amrane, vice-président du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, Lionel Chauvin, président du Conseil départemental du Puy-de-Dôme, les sénateurs Éric Gold et Jean-Marc Boyer, ainsi que Frédéric Bonnichon, président de Riom Limagne Volcans.
La présence conjointe de ces élus, aux côtés d’agriculteurs adhérents et de partenaires économiques, illustre l’importance d’un projet perçu comme moteur pour l’économie locale et vitrine d’un modèle coopératif d’avenir.
Saint-Ignat : un moulin modernisé pour valoriser le blé local
Premier volet de ce plan industriel : l’extension du moulin à blé de Saint-Ignat, représentant 12 millions d’euros. Déjà renforcé en 2022 par un investissement de 24 millions d’euros, le site poursuit sa modernisation pour mieux valoriser les céréales issues des plaines de Limagne.
Le site de Saint-Ignat concentre par ailleurs le siège social de Limagrain Ingredients, sa plateforme logistique et son laboratoire de recherche.
Symbole d’un circuit court agroalimentaire, il s’inscrit dans une stratégie d’ancrage territorial fort, où la transformation industrielle se fait à proximité des exploitations agricoles.

Riom : 15 millions pour une nouvelle ligne de protéines végétales
Deuxième pilier de l’investissement : le site de Riom, spécialisé dans les farines fonctionnelles et la transformation de maïs, accueille une nouvelle ligne de production consacrée aux protéines végétales. Montant de l’opération : 15 millions d’euros.
Objectif : développer une gamme d’ingrédients riches en protéines, issus de céréales et légumineuses, avec un profil nutritionnel optimisé et une naturalité préservée. Une orientation qui répond à la fois à la montée en puissance des régimes protéinés et aux enjeux de transition alimentaire mondiale.
Chaque année, le site de Riom transforme plus de 330 000 tonnes de céréales et s’impose comme un maillon clé des sept usines européennes de Limagrain Ingredients.
Des investissements alignés avec « Ambition 2030 »
Ces 27 millions d’euros s’intègrent dans la feuille de route « Ambition 2030 », qui vise à doubler le chiffre d’affaires de la filière ingrédients. Cette stratégie repose sur trois axes : internationalisation, innovation et investissements industriels.
En 2025, Limagrain consacre 320 millions d’euros à la recherche et développement, en hausse de 50 % en dix ans. Le groupe a récemment lancé des produits innovants comme la farine Innosense Masa Plus, plus riche en fibres et protéines, ou le maïs LG Danubia, résistant à la sécheresse. Autant de solutions pensées pour accompagner l’adaptation de l’agriculture et de l’alimentation au réchauffement climatique.

Une coopérative au rayonnement mondial mais solidement ancrée en Auvergne
Fondée il y a 60 ans, Limagrain reste l’une des plus grandes coopératives agricoles françaises. Avec 9 000 salariés dans 57 pays, 1,9 milliard d’euros de chiffre d’affaires dans les semences et 729 millions dans l’agroalimentaire, le groupe est devenu le quatrième semencier mondial.
Mais derrière ces chiffres, Limagrain continue de revendiquer une identité singulière : celle d’une coopérative enracinée dans la Limagne, au service de ses adhérents agriculteurs. Une première étude d’impact réalisée par Xerfi Specific en 2025 souligne le rôle moteur du groupe pour l’emploi rural, la souveraineté alimentaire et la vitalité économique des territoires.