Le chiffre est brutal, presque contre-intuitif. À la fin de 2025, la France enregistre un nouveau record historique de défaillances d’entreprises sur un quatrième trimestre.
Et pourtant, dans ce paysage encore largement assombri, un signal rare apparaît : plusieurs grandes régions, dont l’Auvergne-Rhône-Alpes, repassent dans le vert. C’est l’un des enseignements clés du dernier bilan publié par Altares Dun & Bradstreet France, qui dresse un état des lieux sans fard, mais laisse entrevoir une inflexion possible pour 2026.
L’enjeu est clair. Après deux années de tensions extrêmes sur la trésorerie des entreprises, la question n’est plus seulement de mesurer les dégâts, mais de savoir où la vague commence enfin à refluer — et pour qui.
Défaillances d’entreprises en Auvergne-Rhône-Alpes : une accalmie qui tranche avec le niveau national
À l’échelle nationale, le quatrième trimestre 2025 reste historiquement élevé en nombre de procédures. Mais le détail des données révèle une géographie économique qui se recompose. Cinq régions basculent dans le vert, dont l’Auvergne-Rhône-Alpes, aux côtés de la Normandie, des Hauts-de-France, du Grand-Est et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Dans une région industrielle et entrepreneuriale comme l’Auvergne-Rhône-Alpes, ce basculement n’est pas anecdotique. Il traduit une stabilisation progressive des difficultés, après une période où les PME et ETI ont encaissé de plein fouet la hausse des coûts, le durcissement du crédit et la fin des dispositifs de soutien post-crise.
Les données montrent notamment un recul des liquidations judiciaires directes, signe que davantage d’entreprises parviennent à chercher des solutions intermédiaires plutôt qu’à disparaître brutalement. Pour un tissu économique dense et diversifié comme celui de l’Auvergne et du sillon rhodanien, ce point est déterminant.
PME et entreprises matures : les premiers signes de résistance
Autre enseignement marquant du trimestre, la baisse des défauts parmi les structures de 3 à 99 salariés. Ces entreprises, souvent au cœur de l’économie régionale, semblent avoir mieux absorbé le choc que prévu. Les sociétés âgées de 3 à 10 ans affichent même une quasi-stabilité, avec une variation de –0,1 %, un signal rare après plusieurs trimestres de hausse continue.
Ce phénomène dit beaucoup de la capacité d’adaptation des PME. Réduction des coûts, arbitrages sur l’investissement, diversification de l’activité : la résistance observée en Auvergne-Rhône-Alpes s’inscrit dans cette logique de gestion au cordeau, parfois au prix d’un ralentissement de la croissance, mais avec un objectif prioritaire de survie.
Côté secteurs, certains pans de l’économie régionale montrent une solidité inattendue. La construction recule de 8 % en défaillances, le transport routier de 16 %, tandis que le commerce de détail d’habillement, très exposé à la baisse de la consommation, parvient à souffler légèrement avec un recul de 1 %.
Les fragilités persistent, surtout aux deux extrêmes
Cette accalmie régionale ne doit cependant pas masquer l’autre versant du bilan. La sinistralité progresse encore chez les plus petites entreprises, souvent les moins capitalisées, et chez les plus grandes structures, dont les charges fixes rendent les ajustements plus complexes. Les entreprises de plus de 15 ans restent également vulnérables, parfois pénalisées par des modèles économiques devenus moins agiles.
Certains secteurs continuent de payer un lourd tribut. Les défauts explosent dans la mécanique industrielle, avec une hausse de 68 %, un signal préoccupant pour une région historiquement marquée par l’industrie. Les taxis enregistrent une progression de 33 %, la viticulture de 18 %, le commerce automobile de 14 % et la restauration de 8 %.
À l’échelle territoriale, la fracture reste nette. La Corse, les Pays-de-la-Loire et les territoires ultramarins demeurent fortement dans le rouge, rappelant que la sortie de crise ne se fera ni partout ni au même rythme.
Défaillances d’entreprises en Auvergne-Rhône-Alpes : un frémissement plus qu’un retournement
Un indicateur mérite néanmoins une attention particulière : la stabilisation du nombre d’emplois menacés en fin d’année. Dans une région où l’industrie et les services à valeur ajoutée structurent l’emploi, ce signal suggère que les défaillances touchent davantage des structures de taille plus contenue, limitant pour l’instant les effets domino sur l’emploi.
Pour 2026, Altares Dun & Bradstreet France évoque une possible phase d’atterrissage, à condition que les conditions de financement ne se durcissent pas davantage et que la demande intérieure se stabilise. En Auvergne-Rhône-Alpes, la diversité sectorielle apparaît comme un amortisseur, sans pour autant offrir une immunité totale.
Le message est donc nuancé, presque paradoxal. La région bascule dans le vert, mais sur un terrain encore fragilisé, où chaque secteur avance avec prudence. Plus qu’un rebond, il s’agit d’un temps de respiration, qui dira beaucoup de la capacité des entreprises à transformer cette accalmie en véritable reprise.
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Meta Description : Défaillances d’entreprises en Auvergne-Rhône-Alpes : le bilan 2025 d’Altares montre une accalmie régionale et des signaux prudents pour 2026.