« Après des années de galère, on commence enfin à voir le bout du tunnel », affirme Frédéric Aguilera, maire de Vichy et vice-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes en charge des transports.
L’édile vichyssois sort tout juste de la visite des nouveaux ateliers où s’achèvent les premiers trains Oxygène, appelés à remplacer les vieillissants Corail sur la ligne Paris–Clermont.
« J’ai visité les nouveaux ateliers des trains Oxygène. Ces rames sont d’un tout autre niveau. Modernes, confortables, silencieuses. On change enfin d’époque.
Son constat résume l’enjeu : après des années d’attente, le renouvellement du matériel roulant prend forme et promet de transformer en profondeur la vie des voyageurs, mais aussi l’attractivité économique de l’Auvergne.
Un calendrier enfin stabilisé pour les trains Oxygène
Longtemps annoncée, souvent reportée, l’arrivée des trains Oxygène prend cette fois un tournant concret. Les premières circulations d’essai sans voyageurs débuteront au début de l’année 2026, amorçant une séquence attendue depuis plus de dix ans.
La SNCF prévoit une mise en service commerciale en 2027, avant un déploiement complet en 2028.
Cette montée en puissance progressive accompagnera la bascule vers une nouvelle vitesse commerciale.
On gagnera entre sept et dix minutes sur Paris–Clermont, et un Paris–Vichy descendra à deux heures quarante-trois. La cadence augmentera également : neuf allers-retours quotidiens, soit un de plus qu’aujourd’hui.
Ce calendrier, longtemps perçu comme hypothétique, s’ancre désormais dans le réel grâce à l’arrivée physique des rames, à la montée en charge des technicentres et à la sécurisation des étapes d’homologation.
Une rupture technologique et de confort sur Paris–Clermont
L’enjeu dépasse le simple remplacement des Corail. Les trains Oxygène marquent un saut générationnel qui rehausse les standards du service Intercités.
Les rames sont pensées pour le confort, le silence et l’expérience passager, avec une qualité d’assise, une luminosité et une ergonomie sans comparaison possible avec le matériel actuel.
Ce changement ouvre une perspective nouvelle pour la ligne Paris–Clermont, longtemps symbole de lenteur et d’inconfort.
En misant sur un matériel moderne et sur une régularité renforcée, la SNCF joue une carte stratégique : rétablir la crédibilité d’un axe structurant pour tout le centre de la France.






Un impact territorial et économique attendu
L’arrivée des trains Oxygène dépasse la seule dimension ferroviaire. Elle engage des effets en chaîne sur la mobilité quotidienne, l’attractivité résidentielle et les dynamiques économiques régionales.
Frédéric Aguilera insiste sur ce point : « On change d’époque. Il fallait redonner confiance aux usagers. Le matériel est moderne, mais c’est surtout la fiabilité qui changera tout. »
La fluidité des déplacements conditionne les choix de localisation des entreprises, l’accès à l’emploi et la perception du territoire par les investisseurs. Sur un axe aussi structurant que Paris–Clermont, chaque minute gagnée, chaque confort supplémentaire, chaque fréquence ajoutée joue un rôle dans la compétitivité régionale.
Vers une nouvelle phase de transformation
L’arrivée des trains Oxygène ne signe pas la fin des travaux, mais bien le début d’une nouvelle phase. La mise en service des rames s’accompagne d’améliorations d’infrastructures, de renforcements de technicentres et d’une réflexion plus large sur les futures capacités du réseau.
Le calendrier 2026–2028 n’est qu’un jalon dans une trajectoire plus longue, mais il marque un tournant décisif : la modernisation n’est plus un horizon, elle devient visible, tangible, presque palpable.
Pour les voyageurs, l’effet devrait être immédiat. Pour les territoires, il sera profond. Pour les responsables politiques et économiques, il offre enfin une perspective que beaucoup n’osaient plus promettre : celle d’un train fiable, moderne et adapté au XXIᵉ siècle.