L’Insee confirme la croissance 2025 : le produit intérieur brut progresse de +0,9 % sur l’année. Une performance positive, mais nettement inférieure aux rythmes observés en 2024.
Dans le même temps, le taux de marge des sociétés non financières poursuit son érosion : 31,4 % en 2025 après 32,2 % en 2024.
Autrement dit : l’économie française continue d’avancer, mais les entreprises gagnent moins sur chaque euro produit.
Acteur Éco décrypte une année 2025 marquée par un ralentissement progressif et des équilibres fragiles.
Une progression modérée du PIB à +0,9 %
La croissance 2025 atteint +0,9 %. Le chiffre peut sembler rassurant. Il confirme que l’économie française reste en territoire positif.
Les données trimestrielles montrent une progression contenue tout au long de l’année : +0,1 % au premier trimestre, +0,3 % au deuxième, +0,5 % au troisième, puis +0,2 % au quatrième.
Le profil est clair : une accélération estivale, suivie d’un ralentissement en fin d’année.
La demande intérieure finale hors stocks contribue positivement à la croissance sur l’année. Le commerce extérieur joue également un rôle important, notamment au quatrième trimestre.
La dynamique existe. Mais elle reste fragile.
Pouvoir d’achat et consommation : un moteur sous tension
La croissance 2025 s’appuie en partie sur la consommation des ménages. Sur l’année, elle progresse de +0,4 %.
Pourtant, le pouvoir d’achat par unité de consommation n’augmente que de +0,1 % en 2025, après +2,1 % en 2024. Le ralentissement est net.
Au quatrième trimestre, le pouvoir d’achat recule encore de -0,3 %. Malgré cela, la consommation accélère à +0,4 %.
Résultat : le taux d’épargne diminue progressivement. Il s’établit à 17,9 % au quatrième trimestre, après 18,3 % au troisième. Sur l’ensemble de l’année, il atteint 18,3 %, un niveau encore supérieur à celui d’avant crise sanitaire.
Les ménages consomment davantage… en puisant dans leur épargne.
Entreprises : des marges en recul malgré la croissance
La donnée structurante de la croissance 2025, c’est la baisse continue du taux de marge.
En moyenne annuelle, le taux de marge des sociétés non financières s’établit à 31,4 %, après 32,2 % en 2024.
Au quatrième trimestre, il se stabilise à 31,5 %. Cette stabilité s’explique par deux effets opposés : les gains de productivité compensent la hausse des cotisations employeurs.
Mais l’année reste marquée par une contraction de la rentabilité. Le taux d’épargne des sociétés non financières recule à 18,7 % en moyenne annuelle. Au quatrième trimestre, il chute même à 17,3 %, notamment en raison du paiement de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises.
La croissance existe. La rentabilité, elle, s’effrite.
Le quatrième trimestre 2025 : un ralentissement révélateur
Le quatrième trimestre illustre parfaitement la nature de la croissance 2025.
Le PIB progresse de +0,2 %, après +0,5 % au troisième trimestre.
La consommation des ménages accélère à +0,4 %.
Les exportations augmentent de +1,0 %, tandis que les importations reculent fortement de -1,1 %, ce qui contribue positivement à la croissance.
Mais l’investissement ralentit nettement : la formation brute de capital fixe progresse de seulement +0,3 %. La FBCF en produits manufacturés recule même de -1,0 %.
Autre signal : le nombre total d’heures travaillées diminue légèrement (-0,1 %).
Le tableau est clair. L’économie tient. Mais l’élan reste limité.
Une croissance sous contrainte
La croissance 2025 à +0,9 % confirme que la France évite la stagnation.
Mais elle repose sur une consommation financée par la baisse de l’épargne et sur un commerce extérieur favorable en fin d’année.
Dans le même temps, les marges des entreprises reculent, l’investissement ralentit et le pouvoir d’achat marque le pas.
L’économie progresse. Mais elle le fait sous contrainte.