Le Pôle métropolitain Clermont Vichy Auvergne a officialisé son engagement en faveur de l’industrie du futur à travers la signature d’un manifeste stratégique. Ce document, fruit d’une année de travail en collaboration avec de nombreuses entreprises du territoire, marque une étape clé dans l’accompagnement des transformations industrielles locales.
Un manifeste pour une industrie durable
Les élus du Pôle métropolitain Clermont Vichy Auvergne se sont engagé dans une stratégie commune autour de quatre grands objectifs :
- Répondre aux besoins de transformation des entreprises existantes.
- Accueillir de nouveaux projets industriels s’intégrant dans l’écosystème économique local.
- Préserver les ressources du territoire.
- Accroître l’efficacité énergétique.
Une vision ambitieuse et collaborative
Dans cette dynamique, le Pôle métropolitain a récemment lancé le “Club des entreprises du futur”, une initiative visant à fédérer les acteurs économiques autour de projets communs. Ce club a pour mission de soutenir la mise en œuvre d’un plan d’action à l’échelle des territoires d’industrie, en mettant l’accent sur des thématiques prioritaires comme le foncier économique.
Les entreprises du territoire ont été invitées le 17 décembre dernier à s’associer à cette démarche en signant le manifeste. Frédéric Bonnichon, président du Pôle métropolitain, et Dominique Adenot, vice-président, ont appelé les chefs d’entreprise à s’engager pleinement dans ce projet collectif.
« Ce territoire dispose de compétences solides, d’expériences et d’une envie affirmée de continuer à œuvrer pour l’industrie », déclare Dominique Adenot, vice-président du Pôle métropolitain Clermont Vichy Auvergne.
C’est sur ce socle qu’un manifeste stratégique a été signé le 17 décembre 2024, engageant le territoire vers l’industrie du futur.
Ce document ambitieux, fruit d’un an de concertation avec les acteurs économiques locaux, repose sur quatre objectifs majeurs : transformer les entreprises existantes, attirer de nouveaux projets industriels, préserver les ressources naturelles et accélérer l’efficacité énergétique. « On se trouve à un tournant. Les décisions que nous prenons aujourd’hui façonneront l’avenir industriel du territoire », souligne-t-il.
Les erreurs du passé, des leçons pour l’avenir
Dominique Adenot ne cache pas son diagnostic sévère sur les décisions stratégiques passées. « Au début des années 80, la France a misé sur les services, pensant que produire pouvait se faire ailleurs. Aujourd’hui, on mesure combien cette stratégie était erronée. Si Georges Pompidou était parmi nous, il serait stupéfait d’apprendre que l’Italie est devenue plus industrielle que la France », lance-t-il, amer.
Ce changement de paradigme s’inscrit également dans une prise de conscience à l’échelle européenne. « La pandémie de Covid-19 a révélé les limites du libre-échange sans contrôle. Thierry Breton, notre commissaire européen, a joué un rôle décisif en imposant la souveraineté industrielle comme priorité à Bruxelles », rappelle Adenot, saluant l’évolution des mentalités.
Des défis structurels à relever
Malgré cet optimisme mesuré, les défis restent immenses. Parmi eux, le recrutement se pose comme un enjeu critique. « Les entreprises peinent davantage à recruter des opérateurs que des ingénieurs. Cela montre qu’il faut renforcer les formations pour les qualifications en dessous du bac », alerte-t-il. Cet effort devra s’accompagner d’un travail de sensibilisation des jeunes et des familles sur les opportunités qu’offre l’industrie.
La main-d’œuvre locale constitue toutefois un atout majeur. « Nos opérateurs sont fidèles, avec un turnover bien plus faible que dans d’autres régions. C’est une force pour les industriels qui investissent dans la formation de leurs salariés », insiste Dominique Adenot.
Une collaboration accrue entre acteurs
Pour concrétiser cette vision, le Pôle métropolitain mise sur le Club des entreprises du futur, nouvellement créé. Ce club vise à fédérer les entreprises autour de projets communs, notamment en matière de foncier économique et d’innovation technologique. « Les entreprises sont prêtes à prendre leur part. Quand elles ne trouvent pas de professionnels formés, elles investissent elles-mêmes dans la formation, ce qui est souvent plus efficace », note le vice-président.
La collaboration avec le rectorat, prévue pour 2025, vise à multiplier les initiatives éducatives. « L’éducation nationale est un acteur clé pour répondre aux besoins des entreprises. Nous devons leur donner les moyens de former des jeunes adaptés aux réalités industrielles », précise-t-il.
Un avenir industriel prometteur
En conclusion, Dominique Adenot reste optimiste. « Ce pays a des atouts énormes. Nos infrastructures sont de qualité, notre main-d’œuvre est engagée. Nous sommes à un moment charnière. Si nous faisons les bons choix, nous pourrons renouer avec une industrie créatrice de richesses et porteuse de sens pour les générations futures ».
Alors que le vice-président s’apprête à passer la main après six mandats, il confie sa confiance dans la capacité du Pôle métropolitain à relever les défis. « Le moment est venu d’insuffler une nouvelle dynamique. L’industrie du futur est une opportunité historique que nous devons saisir », conclut-il.
Avec des bases solides et une vision claire, Clermont Vichy Auvergne entend bien s’imposer comme un modèle d’industrie résiliente et durable.