La jeune pousse Byome Labs vient de lever 3,6 millions d’euros pour industrialiser une technologie inédite : la mesure instantanée du microbiome cutané en point de vente.
Née au cœur de la Cosmetic Valley à Chartres mais avec un laboratoire installé à Clermont-Ferrand, elle illustre un modèle original d’innovation partagée entre deux territoires.
Entre Cosmetic Valley et Auvergne, une double implantation stratégique
Fondée en 2023 par David Suissa, Byome Labs s’est positionnée dès ses débuts comme une biotech de rupture. Son siège et son centre de recherche et développement sont situés à Chartres, au sein de la Cosmetic Valley, premier cluster mondial de la cosmétique.
Mais c’est à Clermont-Ferrand, en décembre 2023, que l’entreprise a choisi d’implanter son laboratoire de microbiologie, spécialisé dans l’analyse du microbiome cutané.
Cette organisation binationale illustre une stratégie volontaire : Chartres apporte la proximité avec les grands industriels et l’écosystème international de la cosmétique, tandis que Clermont-Ferrand concentre l’expertise scientifique et les tests en conditions réelles.
Une articulation qui permet à Byome Labs de conjuguer ancrage territorial et ambition globale.
Byome Derma : un test pensé pour le point de vente
Au cœur de ce projet figure Byome Derma, le premier test instantané du microbiome cutané conçu pour une utilisation en point de vente.
Sur le modèle des tests antigéniques rendus familiers par la crise sanitaire, l’utilisateur applique une bandelette qui mesure une vingtaine de paramètres cutanés.
Les données sont ensuite analysées par une intelligence artificielle entraînée par des dermatologues, délivrant en quelques minutes une recommandation personnalisée de produits cosmétiques.
Cette innovation pourrait bouleverser le retail de la beauté. Pour les consommateurs, elle offre une personnalisation immédiate et scientifiquement validée. Pour les marques, elle représente un outil intégré — véritable « Intel Inside » — qui renforce l’expérience client et limite les risques de surconsommation.
Une levée de fonds pour passer à l’échelle industrielle
Le 2 septembre 2025, Byome Labs a annoncé une levée de 3,6 millions d’euros. Objectif : passer du prototype à la production industrielle.
Ces fonds permettront d’industrialiser les kits Byome Derma d’ici fin 2025, de renforcer les équipes scientifiques et de financer le développement marketing et commercial.
De nouveaux recrutements sont prévus dès 2026, notamment en microbiologie, biochimie, immunologie et intelligence artificielle.
L’entreprise prévoit également de renforcer ses capacités à Chartres et Clermont-Ferrand, dans une logique de montée en puissance coordonnée.
À moyen terme, Byome Labs ambitionne de se déployer en Europe, aux États-Unis et en Asie.
Une ambition scientifique et responsable
L’entreprise ne mise pas seulement sur la technologie. Byome Labs se distingue aussi par une démarche éthique : produits cruelty-free, éco-conception, fabrication française. Elle propose aux industriels des analyses in vitro de haute précision sur biofilms et souches planctoniques, ainsi qu’un accompagnement marketing pour valoriser les produits certifiés « Microbiome Friendly ».
Cette combinaison d’expertise scientifique et de stratégie de marché illustre un mouvement de fond : l’intégration du microbiome comme levier de personnalisation et de durabilité dans la cosmétique.
Clermont-Ferrand et Chartres, deux piliers d’un projet global
En choisissant de partager son implantation entre Clermont-Ferrand et Chartres, Byome Labs trace un chemin original. Chartres assure l’ancrage au sein de la Cosmetic Valley et l’accès aux grands partenaires internationaux.
Clermont-Ferrand, à travers son laboratoire de microbiologie, incarne la force scientifique et expérimentale de la startup.
Pour David Suissa et son équipe, cette double identité est un atout. Elle permet de relier deux territoires complémentaires et de démontrer qu’innovation, ancrage régional et ambition internationale peuvent se conjuguer.
La prochaine étape s’annonce déjà : une seconde levée de fonds envisagée en 2026, avec l’objectif d’élargir l’expertise au microbiome capillaire ou encore au traitement médical de la dermatite atopique.