À Saugues, 1 660 habitants.
À Siaugues-Sainte-Marie, deux fois moins…
Deux communes rurales, loin des grands bassins d’emploi, qui concentrent pourtant des entreprises industrielles et agroalimentaires majeures.
Ici, le taux de chômage reste contenu, autour de 5,6 % au deuxième trimestre 2025, selon France Travail.
Un chiffre bas, presque trompeur. Car en Haute-Loire, la difficulté n’est plus de trouver un emploi, mais de trouver les bonnes compétences.
La question du recrutement et formation en Haute-Loire s’impose désormais comme un enjeu vital pour la survie et la croissance des entreprises locales.
Recrutement et formation en Haute-Loire face à un marché du travail sous tension
Le paradoxe est bien connu des dirigeants du territoire. Le département est classé en dynamisme de l’emploi élevé, avec 18 800 embauches recensées sur un trimestre, dont une part significative de contrats de plus d’un mois.
Dans le même temps, le nombre d’inscrits à France Travail progresse sur un an, toutes catégories confondues, signe d’un marché du travail sous pression permanente.
Cette tension s’explique par un facteur structurel : le vieillissement de la population et le faible renouvellement démographique. La pyramide des âges se déséquilibre, tandis que les besoins des entreprises, eux, continuent de croître.
Dans l’industrie comme dans l’agroalimentaire, les analyses régionales pointent des difficultés de recrutement persistantes, non pas par manque de volonté, mais faute de profils immédiatement opérationnels.
Recrutement et formation en Haute-Loire : passer de la sélection à la construction
C’est dans ce contexte que les entreprises PEM et Maison Borde ont choisi de changer de méthode. Ne plus attendre des candidats « clé en main », mais les construire localement. Le projet commun repose sur un principe simple : la formation avant embauche, portée par France Travail et déployée directement sur les sites de production.
Neuf postes de conducteurs de ligne sont ainsi ouverts, avec une information collective organisée à Langeac début janvier 2026.
Le parcours de formation doit se dérouler de la fin janvier à mars, au cœur même des ateliers. L’objectif est clair : transformer des profils disponibles en compétences adaptées aux réalités industrielles locales, plutôt que de laisser les machines attendre des bras qui ne viennent plus.
Cette logique marque un basculement profond dans la manière d’aborder le recrutement et formation en Haute-Loire. La formation n’est plus un sas périphérique ; elle devient un outil stratégique, intégré au fonctionnement de l’entreprise.
Former pour accompagner la croissance industrielle
Chez PEM, la démarche est directement liée à la trajectoire économique de l’entreprise. Le groupe affiche une croissance de chiffre d’affaires de plus de 30 % sur trois ans et prépare un investissement industriel de 2 millions d’euros, avec de nouvelles machines attendues dès le mois de mai. Sans salariés formés pour les piloter, la montée en capacité resterait théorique.
Même logique à la Maison Borde, où la sécurisation des postes conditionne la capacité à répondre aux exigences des clients et à accompagner le développement futur. Dans les deux cas, la formation devient un levier de compétitivité, au même titre que l’investissement matériel ou l’innovation.
Le dispositif mobilise 50 000 euros de financement, dont 35 000 euros pour les recrutements de PEM. Une somme assumée par les dirigeants, qui la comparent volontiers au coût social et économique de postes non pourvus ou de recours prolongé au chômage.
Inclusion, transmission et ancrage territorial
L’un des aspects les plus marquants du projet tient à son ouverture. Aucune limite d’âge n’est fixée. Les recrutements concernent aussi bien de jeunes entrants sur le marché du travail que des salariés plus âgés, parfois fragilisés par des ruptures de parcours.
La logique retenue repose sur des binômes associant alternants et salariés expérimentés, afin de favoriser la transmission des savoir-faire et de capitaliser sur l’expérience existante.
À l’issue de la formation, les neuf candidats retenus se verront proposer un CDI, un signal fort dans un contexte où la précarité reste fréquente. Pour les élus locaux, l’enjeu dépasse largement l’entreprise.
Maintenir près de 250 emplois sur le bassin de Siaugues, c’est préserver des familles, des services publics et l’équilibre des écoles. C’est aussi démontrer que le recrutement et formation en Haute-Loire peut devenir un outil de cohésion territoriale.
Un modèle local qui interroge l’avenir du recrutement rural
À travers ce projet, la Haute-Loire teste un modèle qui pourrait faire école. Dans un département où le chômage reste bas mais où les tensions de recrutement sont fortes, la formation avant embauche apparaît comme une réponse pragmatique, presque industrielle, à un problème structurel.
Le message est clair : dans les territoires ruraux, attendre que le marché fournisse les compétences nécessaires n’est plus suffisant. Les entreprises qui veulent continuer à produire et à investir doivent désormais fabriquer leurs compétences, en lien étroit avec les acteurs publics. Le recrutement et formation en Haute-Loire n’est plus une variable d’ajustement.
Il devient une condition de survie économique, et peut-être l’un des leviers les plus efficaces pour maintenir une industrie vivante hors des métropoles.
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Tous les lundis les journalistes des radios RCF d’Auvergne (RCF Allier, RCF Puy de Dôme et RCF Haute-Loire) vous proposent un éclairage sur un acteur ou une actualité économique du territoire.
Pour écouter le Podcast réalisé par Martin Obadia., Cliquer ici : https://www.rcf.fr/economie-et-societe/5-minutes-eco-en-auvergne/embed?episodeId=645757
