Chanteuse lyrique et violoncelliste de formation, Ève Coquart apporte une vision énergique et novatrice à Clermont Auvergne Opéra. Invitée de l’Interclub économique du Grand Clermont, elle est venue à la rencontre des entreprises locales pour débattre de synergies entre culture et économie.
Entrepreneuse accomplie, elle incarne un parcours atypique où passion artistique et gestion culturelle se rencontrent. Chanteuse lyrique et violoncelliste de formation, Ève Coquart apporte une vision énergique et novatrice à Clermont Auvergne Opéra.
Entrepreneuse accomplie, elle incarne un parcours atypique où passion artistique et gestion culturelle se rencontrent.
Un parcours artistique hors du commun
« Je suis avant tout une musicienne, une artiste lyrique », confie Ève Coquart. Ardennaise d’origine, elle a passé 14 ans à Paris, où elle a multiplié les expériences scéniques. « J’ai chanté dans plus de 300 événements, parfois pour des entreprises du BTP. Cela m’a appris la diversité des publics et l’importance de rendre l’art accessible à tous. »
Sa passion pour la musique l’a conduite à créer l’agence Instants Lyriques, spécialisée dans la musique live lors d’événements d’entreprise. « Voir l’impact d’une prestation musicale inattendue sur un public est incroyablement gratifiant. Cela crée des rencontres et des émotions fortes », se rappelle-t-elle.
En parallèle, elle fonde l’association Voix Dehors, qui introduit la musique dans les crèches. « Éveiller les enfants à la musique classique, c’est leur offrir une expérience universelle. Les jeunes enfants écoutent Mozart comme ils écoutent une comptine : avec la même pureté et curiosité. »

Une nouvelle direction pour Clermont Auvergne Opéra
En mars 2024, Ève Coquart prend les rênes de Clermont Auvergne Opéra, une structure alors en pleine transformation. « C’était un vrai challenge : l’opéra était en transition après le départ d’un directeur en poste depuis 24 ans. J’ai vu une opportunité d’apporter ma vision », explique-t-elle.
Clermont Auvergne Opéra, association chargée de la saison lyrique locale, bénéficie d’une structure légère. « Cela nous permet d’expérimenter de nouvelles formes artistiques et de collaborer avec des opéras plus imposants comme Lyon ou Vichy », souligne-t-elle.
Pour Ève Coquart, l’opéra doit aller au-delà des murs traditionnels, il faut amener la musique dans tous les quartiers. « Aller vers les habitants et les inviter à franchir les portes de l’opéra, c’est un échange qui enrichit tout le monde. »

Réconcilier tradition et modernité
« L’opéra n’est pas un art du passé. C’est une forme d’expression vivante qui doit s’inscrire dans son époque », affirme-t-elle. Sous sa direction, Clermont Auvergne Opéra présente des classiques comme La Traviata, mais s’ouvre aussi à des créations contemporaines engagées, notamment sur des thématiques écologiques. « Le sang du glacier, une oeuvre sur le réchauffement climatique, en est un exemple marquant. »
L’accompagnement des jeunes talents est une priorité. « Le concours international de chant est essentiel. Les lauréats décrochent des rôles dans nos productions. Cela permet de faire émerger de nouveaux artistes tout en enrichissant notre programmation. »
Un défi : attirer de nouveaux publics
Ève Coquart le reconnaît : « L’opéra souffre d’une image élitiste. Notre mission est de démontrer qu’il est accessible et universel. » Le tarif jeune de 12 euros par spectacle fait partie des outils pour attirer un public plus diversifié.
Son premier spectacle programmé en décembre 2024 a rencontré un vif succès. « Nous avons eu 24 % de nouveaux spectateurs, dont près de 50 personnes de moins de 27 ans. C’est très encourageant pour l’avenir », se félicite-t-elle.
Une gestion culturelle et entrepreneuriale
Ève Coquart aborde la gestion culturelle avec une logique entrepreneuriale. « Une structure culturelle ne peut plus se permettre de vivre dans le déficit permanent. Nous devons conjuguer vision artistique et viabilité économique », affirme-t-elle.
Le développement du mécénat est central dans cette stratégie. « Nous travaillons déjà avec des entreprises locales. Ces partenariats sont essentiels pour maintenir une offre culturelle riche et diversifiée. »
Sur le plan écologique, Clermont Auvergne Opéra mise sur le recyclage des décors grâce à des collaborations innovantes avec des ressourceries comme Artex. « Cela a du sens, à la fois écologiquement et économiquement. »
Vers un opéra pour tous
« Créer du lien, transmettre des émotions et faire de l’opéra un lieu de rassemblement : c’est mon objectif », résume Ève Coquart. Avec son énergie contagieuse et une vision claire, elle dessine un futur prometteur pour Clermont Auvergne Opéra, résolument ancré dans son territoire et ouvert à toutes les générations.
Plus d’informations : https://clermont-auvergne-opera.com/