Le Pôle métropolitain Clermont Vichy Auvergne mise sur l’industrie 4.0 pour transformer le territoire. Frédéric Bonnichon, président de la Communauté de communes Riom Limagne et Volcans, partage sa vision d’une réindustrialisation innovante et collaborative.
Une ambition commune pour l’industrie
« Sans création d’emplois, il n’y a pas de création de richesse, et sans richesse, notre modèle économique et social sera fichu en l’air », déclare Frédéric Bonnichon avec conviction. Ce constat a poussé les élus du Pôle métropolitain Clermont Vichy Auvergne à agir. En rassemblant 12 EPCI (Établissements Publics de Coopération Intercommunale) et la Chambre de commerce sous une stratégie commune, le Pôle affiche une ambition claire : faire de l’industrie un levier de développement territorial.
La signature d’un manifeste pour l’industrie du futur, fruit d’une année de concertation avec les acteurs économiques, constitue un premier pas décisif. Les entreprises sont invitées à s’associer à ce projet. « Nous avons besoin que les chefs d’entreprise nous poussent à avancer plus vite et plus fort », insiste Bonnichon, témoignant d’une collaboration étroite entre politique et économie.
L’industrie 4.0 : un virage essentiel
La transition vers l’industrie 4.0, ou industrie du futur, constitue le troisième axe stratégique du mandat. Cette transformation repose sur l’adoption de technologies avancées comme les capteurs prédictifs, permettant d’anticiper les pannes et d’optimiser les processus. « Aujourd’hui, on ne conçoit plus les usines comme avant. L’industrie prédictive évite les arrêts de production, ce qui est crucial », explique Bonnichon.
Cependant, cette évolution pose des défis majeurs en matière de compétences. Le besoin en spécialistes de l’informatique et de la maintenance est criant. Pourtant, l’industrie souffre encore d’une image désuète. « Les familles et les jeunes perçoivent encore l’industrie comme un secteur du XIXe siècle », regrette-t-il. Cette perception doit être changée pour attirer les talents.
Un territoire en quête de renouveau
Historiquement, l’industrie a été un moteur économique pour le territoire, notamment grâce à l’industrie automobile. Mais la désindustrialisation a entraîné une perte de richesse et menace les « aménités métropolitaines » telles que les infrastructures de santé ou l’enseignement supérieur. « Si nous ne réagissons pas, nous nous appauvrirons », alerte Bonnichon.
Pour inverser la tendance, le Pôle métropolitain mise sur l’accueil de nouvelles entreprises industrielles. « Nous devons créer des terrains bien desservis pour accueillir ces projets. Sans cela, elles iront ailleurs », prévient-il. Cette stratégie inclut également la réhabilitation des friches industrielles dans le respect des lois environnementales.
Mobiliser une « armée de créateurs de valeur »
Le Club des entreprises du futur, récemment créé par le Pôle, vise à fédérer les forces vives autour de projets communs. Lors de la réunion du 17 décembre, une quinzaine d’entreprises ont signé le manifeste. Bonnichon espère rapidement rassembler 50 à 100 signataires. « Si chacun en parle à son voisin, nous serons vite une petite armée de création de richesse », affirme-t-il avec enthousiasme.
Outre le soutien aux entreprises, le Pôle travaille sur des démonstrateurs pour illustrer l’évolution de l’industrie. Ces initiatives visent à montrer que l’industrie d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle du passé.
Une dynamique à suivre
L’industrie du futur représente une opportunité unique pour redynamiser le territoire Clermont Vichy Auvergne. Grâce à une collaboration étroite entre élus, entreprises et citoyens, ce projet entend réconcilier développement économique et attractivité locale. Comme le souligne Bonnichon : « Nous débroussaillons pour que vous ayez envie d’investir, de créer des emplois et d’attirer des talents ». Une vision qui pourrait bien inspirer d’autres territoires.