Jeudi 4 décembre, l’inauguration Leroy Merlin Clermont-Ferrand a réuni près de 500 personnes sur le site des Gravanches, bien au-delà des 300 participants initialement attendus. Un signe, selon le directeur du magasin, Philippe Nativel, que “ce magasin était attendu”.
Face aux élus, partenaires, collaborateurs et habitants, il a livré un discours dense, mêlant histoire, vision commerciale et hommage aux équipes, avant de céder la parole au maire Olivier Bianchi, venu saluer “l’engagement, la passion et la fierté” des salariés.
Un projet d’envergure sur un site chargé d’histoire
Dès les premières minutes, Philippe Nativel a inscrit le nouveau magasin dans la longue trajectoire industrielle du site. “Ce projet est avant tout un projet d’envergure avec une histoire”, a-t-il rappelé, évoquant l’essor du lieu pendant la Première Guerre mondiale, lorsque furent construits ici plus de 2 000 avions Bréguet-Michelin. “On pourrait presque faire un clin d’œil avec la rencontre entre Adolphe Leroy et Rose Merlin”, ajoute-t-il, soulignant la cohérence symbolique entre héritage industriel et culture commerciale.
Le bâtiment livré aux Gravanches est le résultat de “14 mois de chantier par les équipes CIFH” et de “plus de trois mois d’aménagement” par les équipes Leroy Merlin. Un investissement massif pour un équipement que l’enseigne présente comme “un magasin d’un genre nouveau”, pensé pour fluidifier les flux, améliorer la logistique et transformer l’expérience client.
Avec ses 12 000 m² de surface, ses 32 000 références, ses showrooms élargis, son drive couvert et son pôle bricolage central doté d’un espace découpe bois de 200 m², l’enseigne affirme sa volonté d’offrir “un véritable lieu de vie, d’inspiration et d’échange, dédié à l’amélioration de l’habitat pour tous les habitants de l’Auvergne et au-delà”.

“Simple et efficace” : les deux maîtres mots du nouveau magasin
Au centre du discours de Philippe Nativel, une conviction assumée : la simplicité comme facteur d’efficacité. “J’ai voulu un magasin qui peut se résumer en quelques mots”, explique-t-il. “Tout d’abord, j’ai insisté dès le début et au quotidien pour avoir un magasin simple et efficace. Simple et efficace pour tout le monde, pour les clients et pour les collaborateurs.”
Le directeur revendique quelques maximes anglo-saxonnes devenues ses boussoles : “retail is detail” et “back to basic”. “Le commerce se fait sur du détail et un retour au basique”, traduit-il, en écho à une approche volontairement épurée des parcours clients et des organisations internes.
Le nouveau magasin se veut également l’illustration d’un virage assumé vers un commerce plus responsable. “Nous avons voulu un magasin plus responsable, en mettant l’accent sur les produits durables, la réparabilité, les locaux et en optimisant notre consommation énergétique avec plus de 2 500 m² plein de solaire.”
Le site a d’ailleurs été implanté sur un terrain renaturé sur 25 000 m², avec près de 250 arbres plantés, un parking aérien végétalisé et des panneaux photovoltaïques destinés à couvrir une partie des besoins du magasin.






Un magasin pensé pour inspirer, former et générer de la valeur
Philippe Nativel a insisté sur la volonté de faire des Gravanches un lieu où les clients “se promènent, se projettent et se posent”. “Nous avons voulu un magasin plus inspirant”, dit-il, en référence aux showrooms élargis et à un travail soigné sur les ambiances. Le magasin entend également devenir un espace pédagogique, avec “des ateliers de la maison pour former nos clients” et un premier rendez-vous dès le 2 janvier 2026 consacré à la pose de parquet.
Le directeur revendique un positionnement clair : être “un magasin référent, commerçant, responsable et créateur de valeur”.
Valeur pour les clients — avec “le meilleur rapport qualité-prix” — mais aussi pour le territoire : le magasin a d’ores et déjà recruté “une quinzaine de nouveaux collaborateurs”, et prévoit de poursuivre l’effort.
La dimension servicielle est également centrale : extension de la location de matériel, point réparation X-Varna, impression 3D au SAV, conseil pros renforcé, casiers de retrait doublés, offre de pose et de livraison élargie… autant de signaux d’un commerce qui veut conjuguer modernité et proximité.

Un hommage appuyé aux équipes et partenaires
Si le discours fut long, ce fut d’abord pour remercier. Philippe Nativel a multiplié les hommages : élus, services publics, partenaires, fournisseurs, architectes, équipes internes, régionaux, renforts opérationnels, responsables de rayon et comité de direction.
“Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à tous les élus qui nous ont accompagnés tout au long du projet”, dit-il, avant de citer les entreprises impliquées, les équipes travaux, les responsables merchandising, les logisticiens, le service client et les nombreuses équipes régionales venues prêter main forte.
L’émotion affleure lorsqu’il évoque la fermeture du site du Brézet : “On a fermé le magasin mardi soir avec une grande émotion. On a laissé un magasin qui n’était plus adapté à notre activité pour ouvrir la page des Gravanches.”
Il n’oublie pas non plus les familles : “Il ne faut pas les oublier, beaucoup d’entre nous ont vécu, mangé, dormi Leroy Merlin depuis trois mois.” Et de remercier son épouse et ses enfants, présents pour l’inauguration.
“C’est assez magique d’avoir été au centre de tout cet écosystème”, résume-t-il, concluant : “Je suis convaincu que ce magasin deviendra rapidement un lieu incontournable pour tous ceux qui aiment leur maison et souhaitent l’améliorer. L’aventure ne fait que commencer.”

Olivier Bianchi : “Vous incarnez l’évolution métropolitaine”
Le maire de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi, a pris la suite en soulignant l’énergie et l’engagement des salariés. “Quand je suis venu poser la première pierre, j’ai découvert des salariés d’un engagement, d’une passion pour leur entreprise”, dit-il.
“J’avais été bluffé par votre fierté et par votre travail.”
Pour lui, la réussite du projet est aussi celle du temps long : “La première fois où nous nous sommes vus, c’était en 2018.” Une temporalité qui illustre selon lui les défis de développement et d’acceptabilité auxquels sont confrontés les grands projets. Il rend hommage aux équipes métropolitaines et communales qui ont su “rendre possible cette solution”.
Le maire voit dans le magasin une incarnation de l’évolution territoriale en cours : une métropole qui s’étend, se transforme et attire. “Votre projet est une incarnation de cette évolution métropolitaine”, affirme-t-il. “Vous étiez en zone commerciale quand vous êtes montés au Brézet. Mais le Brézet, demain, c’est un centre-ville avec le reste, parce que ça se développe. Aujourd’hui, vous êtes sur un nouveau front pionnier de ce que va être le business, l’économie et l’industrie du territoire.”

Commerce, territoire et écologie : un triptyque réconcilié
Olivier Bianchi a tenu à souligner la compatibilité entre ambition économique et exigences environnementales. “Vous avez prouvé qu’on pouvait cumuler ambition et respect de l’environnement”, dit-il, rappelant que le magasin n’est “pas une simple caisse à savon posée sur du bitume”.
Pour lui, le travail réalisé sur les conditions de travail, l’ergonomie, la signalétique, le paysage du site, le parking aérien ou les talus arborés participe d’une même logique : “Tout cela, c’est de l’écologie en mouvement, de l’écologie au service du développement économique.” Une démonstration, selon lui, que “les deux sont compatibles” et que les territoires doivent désormais relever ce défi “tous ensemble”.
Une inauguration qui dépasse le seul commerce
Au-delà de l’ouverture d’un magasin, l’inauguration Leroy Merlin Clermont-Ferrand marque un moment symbolique pour la métropole : celui d’une transition entre un modèle commercial ancien et un écosystème plus intégré, plus serviciel, plus durable et plus connecté aux usages.
Entre vision industrielle héritée du passé, ambition commerciale assumée et engagement territorial revendiqué, le nouveau magasin des Gravanches se présente déjà comme un lieu pivot du retail auvergnat.
Un équipement dont l’enseigne et la collectivité espèrent qu’il contribuera durablement à structurer ce “nouveau front pionnier” évoqué par le maire.