Le monde économique du bassin vichyssois s’est retrouvé mercredi 21 janvier à Cusset, dans les locaux de l’entreprise Califil, pour les vœux de Vichy Communauté, organisés en partenariat avec Vichy Économie.
Près de 500 dirigeants, élus et acteurs économiques ont répondu présent. Une soirée marquée par un message clair : ici, l’industrie reste un pilier, le sport un levier d’attractivité, et le foncier industriel un enjeu stratégique assumé.
Un territoire qui se projette dans l’héritage des grands événements sportifs
Invité à ouvrir la soirée par Juliette Moyer, animatrice de l’événement, Edgar Grospiron n’est pas venu parler de nostalgie sportive.
L’ancien champion olympique de ski de bosses intervenait en tant que président du Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver des Alpes françaises 2030.
Quelques heures plus tôt, il visitait le CREPS Auvergne‑Rhône‑Alpes / Vichy. Une étape symbolique, tant le site illustre la place singulière de Vichy dans l’écosystème sport-santé et l’accueil de délégations de haut niveau.
Dans le prolongement de la dynamique des Jeux de Paris 2024, Edgar Grospiron a invité les entreprises à anticiper dès aujourd’hui les opportunités économiques liées aux Jeux d’hiver 2030. Construction, aménagement, agroalimentaire, services : les appels à projets à venir concerneront un spectre large de filières.
« Les PME, TPE et ETI de la région pourront s’unir pour répondre collectivement aux appels d’offres », a-t-il expliqué, annonçant le lancement prochain d’une plateforme dédiée à la structuration des filières.
Un message clair : les Jeux ne se gagneront pas uniquement sur les pistes alpines, mais aussi dans les territoires capables de se mobiliser économiquement.

Califil, illustration d’une industrie qui tient le cap
Le choix du lieu ne devait rien au hasard. Jean‑François Meyer, dirigeant du groupe Califil, a livré un témoignage très concret de ce que signifie « tenir le cap » dans l’industrie aujourd’hui.
Reprise en 2000, l’entreprise normande fondée en 1840 s’est transformée au fil des années par une stratégie assumée de croissance externe :
Atrow en 2016, Califil Cusset (ex-Dradura France) en 2021, puis Brioude Traitement de Surface en 2025. Le groupe atteint désormais environ 30 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 220 salariés.
Avec l’intégration de BTS – Brioude Traitement de Surface, Califil franchit un cap stratégique : celui de la maîtrise interne du traitement de surface, un savoir-faire clé jusque-là externalisé, notamment pour ses clients du secteur automobile. « L’industrie est la colonne vertébrale de nos territoires.
Nous travaillons beaucoup pour l’automobile. Pour tenir, nous innovons, nous cherchons la baisse des coûts, et surtout nous développons nos propres outils de production », a expliqué Jean-François Meyer.
Le parallèle avec le sport, évoqué plus tôt dans la soirée, n’est pas fortuit. Rigueur, endurance, adaptation permanente : les mêmes ressorts s’imposent à l’entreprise industrielle.
Sport et entreprise : un lien assumé dans la stratégie territoriale
Cette analogie a également été soulignée par François Ligier, président de Vichy Économie, de l’UIMM Auvergne, et président du conseil de surveillance de Ligier Group.
Pour lui, le sport constitue un formidable vecteur de cohésion et d’engagement collectif, y compris dans l’entreprise. Il a notamment cité le Challenge entreprises du Vichy Triathlon, qui a récemment rassemblé près de 1 000 salariés autour d’un relais sportif sur le plan d’eau.
Mais au-delà de l’événementiel, François Ligier a surtout rappelé la dynamique industrielle de fond engagée sur le territoire.
Foncier industriel : Montpertuis, un atout rare à l’échelle nationale
Au cœur de cette stratégie, un nom revient avec insistance : Montpertuis‑Palazol.
Situé à Bellerive-Charmeil, ce site de 125 hectares, dont 85 urbanisables, figure parmi les plus grandes friches industrielles constructibles en France.
Labellisé « site clé en main France 2030 », Montpertuis bénéficie d’un accompagnement de l’État visant à accélérer l’accueil de nouvelles activités industrielles et technologiques. La finalisation d’un plan-guide est annoncée à horizon 2027, parallèlement à la clôture des procédures réglementaires.
François Ligier a également rappelé que cette stratégie de reconversion s’inscrit dans une continuité territoriale : après Renova à Saint-Yorre, ou la réutilisation des anciens locaux de Giat Industries à Cusset, Vichy Communauté assume une politique volontariste de recyclage industriel plutôt que d’étalement foncier.
Une vitrine industrielle ouverte sur son territoire
La soirée s’est conclue par une visite de l’usine Califil à Cusset. L’occasion pour les participants de découvrir les lignes de production, les machines, et le travail quotidien des 70 salariés du site.
Un moment concret, loin des discours, qui rappelle que derrière les stratégies territoriales et les grands événements, l’économie repose avant tout sur des femmes, des hommes et des savoir-faire industriels.
Un buffet de produits locaux, préparé et servi par les agents du Pôle universitaire, est venu clore la rencontre. Une manière discrète mais symbolique de rappeler que l’attractivité d’un territoire se construit aussi dans ses coopérations locales.
Une trajectoire assumée
À travers ces vœux économiques, Vichy Communauté a livré un message lisible : industrie, sport et foncier stratégique forment un triptyque cohérent pour aborder les prochaines années.
Un positionnement clair, à l’heure où la concurrence entre territoires se joue autant sur la capacité à accueillir des projets que sur celle à fédérer durablement ses acteurs.