À Clermont-Ferrand, au cœur du futur Parc Cataroux, le Food Court du PIC s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Après un premier appel à candidatures lancé l’été dernier, l’équipe du Pôle d’Innovation Collaboratif a décidé de revoir sa copie.
Non pas par échec, mais par lucidité.
« Nous avions sous-estimé la complexité du secteur », admettent les porteurs du projet. Entre la pénurie de personnel, la hausse des coûts et la pression du quotidien, le constat est sans appel : pour réussir, le Food Court devait s’adapter aux restaurateurs, et non l’inverse.
Réalisme et co-construction : la clé d’une offre durable
Cette relance repose sur un principe simple : écouter les professionnels. Les restaurateurs consultés ces dernières semaines ont partagé un même besoin : davantage de souplesse et de réalisme dans la gestion de leur activité.
Résultat : l’exploitation sera désormais limitée à six jours par semaine, avec un mode « coffee shop » le dimanche. Un aménagement pensé pour préserver l’équilibre de vie des équipes et sécuriser les marges dans un contexte de tension durable sur la main-d’œuvre.
Le PIC assume cette évolution comme un signal fort : ici, on construit un lieu vivant, mais pas au détriment de celles et ceux qui le feront vivre.
Un modèle économique pensé pour durer
Dès le départ, le Food Court du PIC s’est distingué par un modèle économique plus équitable : charges mutualisées, loyers réduits et services partagés pour limiter les risques.
Cette logique, qui faisait déjà la singularité du projet, est maintenue et consolidée dans cette nouvelle phase. L’équipe du PIC a souhaité préserver cet avantage structurel tout en renforçant l’accompagnement des restaurateurs : appui logistique, communication collective, animations mutualisées.
L’objectif reste inchangé : favoriser la réussite des exploitants sur la durée, dans un cadre soutenable économiquement et humainement.
Huit kiosques, mille saveurs : l’appel à candidatures relancé
Le nouvel appel à projets, ouvert en octobre 2025, concerne huit kiosques culinaires installés dans un espace de restauration collaborative de 18 000 m².
Les candidatures sont ouvertes à tous les profils : restaurateurs confirmés, artisans, traiteurs ou jeunes porteurs de projets innovants.
Les critères ? Une cuisine différenciante, une approche responsable — circuits courts, produits locaux, sobriété — et surtout une volonté de jouer collectif.
Les lauréats seront accompagnés jusqu’à l’ouverture officielle, prévue courant 2026, pour finaliser leur concept et leur intégration au sein du lieu.

Un projet-pilote au service d’un territoire
Le Food Court du PIC n’est pas un simple espace de restauration. C’est un laboratoire d’économie locale pensé pour faire dialoguer innovation, transition écologique et entrepreneuriat.
Porté par Turing 22, en lien avec Michelin, la CCI Puy-de-Dôme, la Banque des Territoires, le Crédit Agricole Centre France, la Caisse d’Épargne Auvergne-Limousin et Clermont Métropole, le projet s’inscrit dans la grande dynamique de reconversion du site industriel de Cataroux.
Autour, le Parc Cataroux déploie quatre pôles : la Manufacture des Talents, le Centre des Matériaux Durables, le Quartier des Pistes, et le PIC, véritable cœur battant du dispositif.
Travailler, cuisiner, se rencontrer : l’esprit du PIC
Derrière les chiffres, une ambition claire : créer un lieu vivant, gourmand et accessible.
Les futurs restaurateurs participeront à l’animation du site : afterworks, concerts, événements collaboratifs… Autant d’occasions de croiser les publics du coworking, du coliving ou des espaces culturels.

Un référent barista vient d’ailleurs d’être recruté pour structurer l’offre café et accompagner la mise en place du mode « coffee shop ».
L’appel à candidatures est accessible sur food.pic.life, avec une promesse simple : construire ensemble un espace où il fait bon cuisiner, travailler et se retrouver.
Une ambition locale, une approche humaine
Au-delà de la restauration, le Food Court du PIC incarne un changement de posture : passer d’un modèle contraint à un modèle concerté.
Parce qu’aujourd’hui, entreprendre dans la restauration, c’est autant une question d’économie que d’équilibre.

Et si cette initiative clermontoise réussit son pari, elle pourrait bien devenir une référence pour d’autres territoires : celui d’une gastronomie locale et durable, née du dialogue entre ceux qui créent les lieux et ceux qui leur donnent vie.