Plus d’un milliard d’euros de consommation touristique par an, 15 800 emplois, 15 millions de nuitées : le Puy-de-Dôme dispose d’un poids économique touristique considérable — mais jusqu’ici, sans miroir pour se voir vraiment. C’est désormais chose faite.
La Direction tourisme du Département vient de publier la toute première édition du « Panorama et chiffres clés du tourisme dans le Puy-de-Dôme ». Un document de 130 pages qui marque une étape décisive pour un territoire qui veut transformer sa connaissance en stratégie.
Le Puy-de-Dôme, puissance touristique qui s’ignorait (en chiffres)
Il y a des territoires qui vivent du tourisme sans vraiment savoir à quel point. Le Puy-de-Dôme en faisait partie. Non par manque de réalité économique — les chiffres parlent d’eux-mêmes — mais par absence d’un outil fédérateur capable d’agréger, de synthétiser et de rendre lisible l’ensemble de la filière.
Désormais, le diagnostic est posé, noir sur blanc. Le tourisme représente 6 % du PIB départemental et mobilise 5,4 % de l’emploi local, soit 15 800 postes directs. Chaque visiteur extérieur dépense en moyenne 77,50 euros par jour.
La consommation touristique globale dépasse le milliard d’euros annuel, soutenue par 122 millions d’euros d’investissements touristiques chaque année. À cela s’ajoutent plus de 5 millions d’euros de taxe de séjour collectés, signal supplémentaire d’une activité profonde et structurée.
Ces chiffres, issus du document Panorama et chiffres clés du tourisme dans le Puy-de-Dôme — Édition 2025, ne tombent pas du ciel. Ils ont été consolidés sur plusieurs mois par une équipe dédiée, sous le pilotage de Claire Torre, avec l’appui de partenaires spécialisés (Contours, TEST) et une mise en forme infographique signée Agree Studio. Leur publication constitue la première pierre d’un Observatoire départemental du tourisme, porté par le Conseil départemental du Puy-de-Dôme.
Volcans, randonnée, thermalisme : une offre aussi large que diverse
Derrière les chiffres macroéconomiques se dessine un territoire d’une richesse exceptionnelle. Le Puy-de-Dôme, c’est d’abord 80 volcans, une chaîne des Puys inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, un Grand Site de France, deux parcs naturels régionaux — dont le plus grand de France — et quatre réserves naturelles nationales. Une géographie hors norme qui fonde l’identité touristique du département.
Mais la force du département réside aussi dans la diversité de son offre. Le document recense 392 itinéraires de petite randonnée, 5 stations thermales, 7 plages Pavillon Bleu, 3 stations de sports d’hiver et 10 domaines nordiques.
À quoi s’ajoutent 14 villages classés, 12 Petites Cités de Caractère, 2 des Plus Beaux Villages de France, et 18 % des monuments historiques d’Auvergne-Rhône-Alpes concentrés dans ce seul département.

Des sites de visite qui font la différence
Cette richesse se traduit en flux. Les 15 principaux sites de visite du département accueillent à eux seuls plus de 2 millions d’entrées par an, dont sept dépassent le seuil symbolique des 100 000 visiteurs. Le Panoramique des Dômes a ainsi enregistré 409 300 passages en 2024, avec un mois d’août record à 121 621 montées depuis l’ouverture du funiculaire en 2012.
Sur la même destination Terra Volcana, l’Aventure Michelin a accueilli 130 000 visiteurs, et le vélorail des Fades quelque 26 000 passages en sept mois d’exploitation.
Ces performances confirment une attractivité portée non pas par un unique site emblématique, mais par un écosystème de destinations complémentaires. C’est précisément cette dispersion géographique et thématique — volcanisme, tourisme scientifique, outdoor, thermalisme, patrimoine — qui constitue à la fois la singularité et la complexité du modèle puydômois.
Une capacité d’accueil qui structure le territoire
Le département dispose de 267 500 lits touristiques, dont 25 % de lits marchands et 75 % de lits non marchands — un ratio qui illustre le poids des résidences secondaires et des hébergements familiaux dans l’économie des séjours. Côté offre professionnelle, on recense 218 hôtels pour 6 560 chambres, 118 campings avec 9 283 emplacements, et 41 autres hébergements collectifs (résidences de tourisme, villages vacances, auberges de jeunesse) pour 9 414 lits supplémentaires.
La région fait la course en tête, le Puy-de-Dôme cherche son rythme
S’il est 4e département d’Auvergne-Rhône-Alpes en matière de fréquentation touristique, le Puy-de-Dôme s’inscrit dans une région qui bat des records. En 2024, Auvergne-Rhône-Alpes a atteint 285 millions de nuitées tous hébergements confondus, en hausse de 3,2 % par rapport à 2023, ce qui en fait la 2e région touristique de France, derrière l’Île-de-France et devant PACA.
Mais cette dynamique régionale masque des réalités contrastées. Les départements alpins — Haute-Savoie, Savoie, Isère — captent l’essentiel de la croissance, portés par une clientèle étrangère importante et la montée en puissance des plateformes de location.
Ma chérie d’amour monsieur retenu la majorité suffrage exprimé déclaré Clermont-Ferrand je l’invite à prendre une tu peux c’est une mauvaise idée que c’est une pratique sauvage ne fait que démontrer l’étendue l’ignorance femmes je peux pas dire ça voilà j’ai monde marketing 100 % tu vas t’installer dans ta cabane pouilleux vaut mieux vaut en payant du voyage cher louerLe Puy-de-Dôme, lui, reste davantage positionné sur un tourisme de nature, de proximité et de courts séjours : 93 % de ses visiteurs extérieurs sont français. Une donnée structurante, qui révèle à la fois une fidélité nationale forte et un potentiel d’internationalisation encore peu exploité.
Le choc Covid, le rebond, et la question de la durée
Le territoire a traversé, comme tous les autres, le choc de 2020. La fréquentation des hébergements collectifs s’est effondrée, avant une reprise progressive en 2021-2022. En 2023, le niveau national de fréquentation a dépassé pour la première fois celui de 2019 — et le Puy-de-Dôme a suivi cette trajectoire, porté par ses sites phares et par une demande de nature et d’authenticité amplifiée par la crise sanitaire.
En 2024, les signaux sont globalement positifs — records sur le Panoramique des Dômes, hausse de 18 % des visiteurs accueillis dans les offices des Combrailles, progression de 55 % des pass vendus par Terra Volcana — mais l’hôtellerie traditionnelle affiche un léger recul de 1,6 %, contre ‑0,2 % pour la région. Un écart modeste, mais révélateur d’une tension entre offre classique et nouvelles formes de séjour.
L’Observatoire, ou la data au service de la décision
C’est dans ce contexte que la publication du Panorama et chiffres clés prend tout son sens. Jusqu’ici, les acteurs du tourisme puydômois — collectivités, offices de tourisme, hébergeurs, opérateurs de sites — naviguaient avec des données parcellaires, souvent produites à l’échelle des territoires de compétence, rarement consolidées à l’échelle départementale.
« Cet outil a été conçu comme un véritable levier d’aide à la décision pour les acteurs publics et privés », explique Cédric Corre, directeur tourisme du Département du Puy-de-Dôme, à l’origine de la démarche. Et Marie-Anne Marchis, vice-présidente en charge du Tourisme, du Patrimoine UNESCO et des Grands Sites de France au Conseil départemental, d’ajouter dans l’édito du document : « Mieux comprendre nos chiffres, c’est mieux saisir la dynamique exceptionnelle qui anime le Puy-de-Dôme… et mieux préparer ensemble l’avenir touristique de notre département. »

Une ambition en trois étapes
La démarche ne s’arrête pas à cette première publication. Trois chantiers sont déjà engagés. D’abord, l’édition 2026, enrichie de nouvelles données. Ensuite, le développement d’une solution de data visualisation départementale en ligne, pour que les acteurs du terrain puissent accéder aux indicateurs en temps réel. Enfin, la structuration d’un réseau de l’observatoire élargi : offices de tourisme, EPCI, parcs naturels régionaux, CCI, stations thermales — et à terme, des acteurs encore peu couverts, comme les opérateurs de mobilité ou les acteurs du numérique.
L’enjeu est clair : aller capter des données sous-exploitées, notamment sur les comportements de visite, les flux de mobilité douce, la saisonnalité réelle des sites ou l’impact économique local du tourisme d’itinérance — segments en forte croissance mais encore difficiles à mesurer.
Volcans UNESCO, outdoor quatre saisons : les atouts pour la suite
À la lumière de ce premier panorama, quelques leviers stratégiques se dessinent pour la période 2025-2030, cadre de la nouvelle stratégie touristique départementale.
Le premier concerne l’étalement des séjours dans le temps. La forte concentration des visites en été — avec jusqu’à 70 % du flux entre 10 h et 16 h sur certains sites de la chaîne des Puys — et la prédominance du mois d’août dans les records de fréquentation pointent un enjeu de désaisonnalisation. Le thermalisme, le tourisme de congrès (deux centres majeurs à Clermont-Ferrand), le vélo et la randonnée en toutes saisons constituent des leviers crédibles pour lisser la demande.
Le deuxième porte sur la montée en gamme et l’internationalisation. Le Massif du Sancy concentre à lui seul près de 19 % des nuitées touristiques du département — une performance remarquable qui illustre la capacité des destinations de montagne à fidéliser. Mais pour aller chercher une clientèle étrangère, il faudra renforcer la lisibilité de l’offre, investir dans les certifications (label UNESCO, Grand Site de France) et structurer des expériences à forte valeur ajoutée autour du volcanisme mondial unique du territoire.
Le troisième levier est précisément celui que vient d’activer l’Observatoire : la connaissance partagée. Dans un marché touristique national redevenu très concurrentiel — la France enregistrait une légère baisse de fréquentation en 2024 (-0,6 %) quand la région progressait encore — la capacité à piloter finement, à adapter les stratégies marketing et à allouer les investissements là où ils produisent le plus d’impact devient un avantage compétitif à part entière.
Ce que les chiffres annoncent
Un milliard d’euros de consommation touristique, 15 millions de nuitées, 80 volcans, une inscription UNESCO, deux parcs naturels, cinq stations thermales, et désormais un outil de pilotage : le Puy-de-Dôme dispose de tous les ingrédients d’une destination touristique mature. Ce qui lui manquait, c’était peut-être le regard sur lui-même — la capacité à objectiver ses forces, à mesurer ses écarts par rapport à la région, à identifier ses marges de progression.
C’est ce que cette première édition du Panorama et chiffres clés vient d’ouvrir. Non comme un bilan figé, mais comme le début d’une démarche continue. Cédric Corre le formule sans ambiguïté : « Une première pierre posée, avec l’ambition de construire dans la durée une connaissance partagée au service du développement de nos territoires et de nos partenaires. »
Dans un contexte où les destinations touristiques se livrent une concurrence de plus en plus structurée — en Auvergne-Rhône-Alpes comme ailleurs — savoir ce que l’on est, pour mieux décider ce que l’on veut devenir, n’est pas un luxe. C’est une nécessité stratégique.