« Faites savoir que l’entreprise est une organisation sociale qui apporte du bien. » C’est par cette formule simple et forte que Patrick Martin, président du MEDEF, a marqué les esprits lors de l’Assemblée générale nationale du Mouvement des Entreprises de France.
Un moment particulier pour le Puy-de-Dôme : pour la première fois, son nouveau président Cédric Serre était présent, portant la voix d’un territoire où l’entreprise s’incarne autant dans l’innovation que dans l’ancrage local.
Cette entrée en scène, presque symbolique, traduit l’ambition de donner au tissu entrepreneurial auvergnat une visibilité accrue dans les débats nationaux.
Cédric Serre, une première prise de parole nationale pour le MEDEF Puy-de-Dôme
Élu en juin 2025 à la tête du MEDEF Puy-de-Dôme, Cédric Serre a effectué sa première entrée sur la scène nationale à l’occasion de cette Assemblée générale.
Promoteur immobilier avec SR Développeur et dirigeant de CAIRN MOE, il illustre un profil d’entrepreneur enraciné dans le tissu local, mais ouvert aux dynamiques collectives.
Pour lui, la présence du département à Paris ne se résume pas à une formalité : elle incarne la volonté de peser dans les débats nationaux et d’apporter une coloration territoriale aux grands enjeux de compétitivité et de transformation.
Dans les prochains mois, son mandat devrait s’attacher à renforcer les passerelles entre les entreprises du Puy-de-Dôme et les instances régionales et nationales, avec une priorité affichée : valoriser la contribution du territoire à l’économie française dans son ensemble.

Patrick Martin : rappeler que l’entreprise crée du lien social
À la tribune, Patrick Martin a insisté sur une conviction forte : l’entreprise n’est pas qu’un agent économique, elle est aussi une organisation sociale qui structure le vivre-ensemble. Pour lui, ce rôle doit être mieux reconnu, dans un contexte où les incertitudes économiques et politiques alimentent les inquiétudes.
Le président du MEDEF a rappelé que les entreprises sont confrontées à la hausse des coûts, notamment de l’énergie, et qu’elles ont besoin de simplification administrative pour rester compétitives.
Son message reste clair : produire de la valeur ajoutée est une condition préalable à tout partage des richesses. En soulignant la responsabilité partagée entre les ménages, les entreprises et l’État, il a voulu replacer le débat sur le financement de la protection sociale et la modération des dépenses publiques dans une logique d’équilibre.
Florent Menegaux et Michelin, incarnation d’un modèle enraciné
Aux côtés de Patrick Martin, Florent Menegaux a apporté le témoignage d’un groupe mondial qui a su rester fidèle à son territoire. Président de Michelin depuis 2019, il dirige l’un des deux seuls groupes du CAC 40 à maintenir son siège social hors de Paris, à Clermont-Ferrand.
Une singularité qui dépasse le symbole : elle traduit une volonté de conjuguer rayonnement international et attachement local.
Avec la stratégie « Michelin in Motion 2030 », le groupe poursuit une transformation axée sur l’innovation, la durabilité et la résilience, tout en continuant d’assumer ses responsabilités sociales, y compris lors de restructurations sensibles.
L’entreprise, présente dans 175 pays, incarne ainsi une tension féconde entre global et local : assumer sa stature mondiale tout en réaffirmant régulièrement que Clermont-Ferrand reste son centre de gravité.
Un relais territorial : le projet de Cédric Serre pour le MEDEF 63
En revenant à Clermont-Ferrand, Cédric Serre mesure l’enjeu de son mandat : renforcer le rôle du MEDEF Puy-de-Dôme comme acteur clé de la transformation économique régionale. Il souhaite valoriser les savoir-faire locaux, créer des synergies avec les élus et institutions, et offrir aux entreprises du territoire une meilleure visibilité nationale.
Sa conviction rejoint celle portée par Patrick Martin et Florent Menegaux : l’entreprise est au service du bien commun si elle sait conjuguer compétitivité, ancrage et responsabilité. Dans cette perspective, son bureau, composé de représentants de secteurs stratégiques comme la chimie, la métallurgie, le bâtiment ou la banque, se veut un véritable miroir de l’économie locale.
L’idée est claire : montrer que le Puy-de-Dôme ne se contente pas d’accompagner les évolutions, mais entend y prendre toute sa part.
Et après ? Un modèle exportable
La rencontre parisienne a marqué une étape symbolique, mais elle ouvre surtout une perspective : et si le modèle clermontois, où un grand groupe mondial et un tissu d’entrepreneurs locaux conjuguent leurs forces, pouvait inspirer d’autres territoires ?
Entre fierté, responsabilité et projection, le MEDEF Puy-de-Dôme s’affirme désormais comme un relais capable de porter haut cette vision de l’entreprise comme organisation sociale, créatrice de valeur et de cohésion.
Dans un monde où les fractures économiques et sociales alimentent les incertitudes, l’expérience clermontoise pourrait bien esquisser une réponse : ancrer l’entreprise dans son territoire tout en gardant le regard tourné vers le monde.