Un article rédigé par Efflam Sionneau – RCF Puy de Dôme,
Invité de la matinale de RCF en Auvergne, le président du Conseil départemental du Cantal redoute ce nouveau budget 2027. Il chiffre une perte de près de 3 millions d’euros pour son département et dénonce « des limites inacceptables ».
Alors que le budget 2027 se discute à l’Assemblée, Bruno Faure, président du Conseil départemental du Cantal, tire la sonnette d’alarme. Selon les simulations de la collectivité, l’Etat reprendrait entre 2,8 et 3 millions d’euros sur un budget de 240 millions.
Pour l’élu, c’est une habitude : depuis une quinzaine d’années, « on vient piocher dans les poches des collectivités plutôt vertueuses » pour lutter contre le déficit national.
Pas d’arrêt dans les missions obligatoires
Le président se veut rassurant sur les missions obligatoires. Si cette réduction touchait bien les budgets, les quelque 1 900 foyers cantaliens bénéficiaires du RSA ne verraient pas leur allocation remise en cause.
Le département doit aussi entretenir le deuxième réseau routier le plus haut perché de France, un poste très coûteux pour un petit département. Pour l’instant, la baisse du budget concerne surtout les politiques dites « optionnelles » : soutien aux associations sportives ou culturelles. « Vous imaginez le crève-cœur pour les élus ?» Confie-t-il.
Avant d’en arriver là, la collectivité compte réorganiser ses services, en s’appuyant sur la dématérialisation et l’intelligence artificielle. Mais Bruno Faure estime que cet effort a déjà été mis en place ces dernières années, mais ses limites.
Depuis 2010, l’Etat aurait transféré au département l’équivalent de 50 millions d’euros de charges, tandis que son propre déficit ne cesse de croître.
Peu de moyens de lutter
Privés de fiscalité propre, les départements disposent de peu de leviers pour s’opposer aux décisions de l’Etat. Au 95e Congrès des Assises des Départements de France , qui s’ouvre en ce mercredi 14 octobre à Reims, les élus vont se regrouper pour en parler entre eux.
Ils entendent bien démontrer à l’Etat l’utilité de leur échelon en matière de solidarité sociale et territoriale, même s’ils sont déjà en grandes difficultés financières.
Bruno Faure rappelle qu’une quarantaine de départements étaient déjà en difficulté avant cette proposition de budget 2027, qui en fragiliserait une vingtaine de plus. Selon lui, “les efforts qui nous sont demandés [par l’Etat] sont inconsidérés“

Cet article est basé sur un épisode de l’émission : L’invité actu Auvergne – Chaque jour à 6h35 et 7h33, rencontre avec un acteur auvergnat qui fait l’actualité.