Quarante habitants au kilomètre carré. Quatre millions d’hectares de prairies, de forêts et de plateaux battus par les vents. Un tissu de PME, d’ateliers et d’exploitations agricoles plus souvent adossé à une rivière qu’à un échangeur autoroutier.
Le Massif central n’est pas un territoire comme les autres. Et sa transition économique ne ressemblera à aucune autre. C’est précisément ce pari que porte CEC Territoire Massif Central, dont le 3ᵉ parcours d’accompagnement vient d’être lancé pour 2026.
Le problème : une transition à construire dans un territoire exigeant
Anticiper plutôt que subir. La formule pourrait sembler banale. Dans un massif où 88 % des communes sont classées en zone de revitalisation rurale et où la dépendance à la voiture individuelle reste structurelle faute de report modal possible, elle prend une tout autre résonance.
Ici, le changement climatique n’est pas une abstraction : il remodèle déjà les saisons agricoles, fragilise les filières d’élevage et redistribue les cartes du tourisme.
Là où d’autres CEC territoriales — Bassin lyonnais, Grand Est — se concentrent davantage sur des enjeux urbains, logistiques ou industriels lourds, le Massif central s’impose comme un laboratoire pour le stockage de carbone, le tourisme durable, les mobilités rurales et la relocalisation de filières bois, pierre, textile et agroalimentaire.
Autant d’enjeux qui ne se traitent pas depuis un plateau logistique de périphérie urbaine.
L’action : un collectif de dirigeants qui choisit de transformer
C’est dans ce contexte que la Convention des Entreprises pour le Climat a essaimé sur le territoire. Lancée au niveau national en 2021 par l’Auvergnat Éric Duverger, la CEC propose des parcours longs — plusieurs mois — qui plongent des collectifs de dirigeants dans une remise en question profonde de leur modèle d’affaires. La déclinaison Massif Central, active depuis 2023, a déjà embarqué près de 60 organisations sur deux promotions.
À l’issue du premier parcours, 38 entreprises ont présenté publiquement leurs feuilles de route de transformation. Non pas des déclarations d’intention, mais des arbitrages stratégiques engagés devant leurs pairs.
Le dispositif repose sur une alternance de séminaires collectifs, d’ateliers thématiques et de travail en binôme — un dirigeant accompagné d’un collaborateur interne — pour produire une feuille de route de transition à horizon 2030-2035. Trajectoire carbone, renoncements assumés, nouveaux modèles régénératifs : le parcours ne laisse guère de place au vernis vert.
C’est Fabien Marlin qui porte cette dynamique à l’échelle locale. Responsable de l’embarquement pour CEC Territoire Massif Central, il est la cheville ouvrière du recrutement et de l’animation du collectif sur le terrain, aux côtés de Benoît Rengade.
Son rôle : convaincre les dirigeants du massif que la transformation n’est pas une contrainte subie mais une stratégie choisie, et que le collectif territorial est précisément ce qui la rend possible et robuste.

La transformation : une nouvelle cohorte 2026, reflet d’un territoire en mouvement
Le 3ᵉ parcours CEC Territoire Massif Central illustre à lui seul la diversité du tissu économique régional. Parmi les premiers embarqués figurent des profils aussi contrastés que Pampa Consigne — acteur de l’économie circulaire —, CX-IMPACT dans la relation client, Abeille SARL, Rom Selection dans l’agro-commerce, ou encore Sodertex côté textile.
L’Association diocésaine de Clermont, représentée par François Kalist et Virginie Le Mignot, rappelle que la démarche dépasse les seules entreprises marchandes pour toucher à l’ensemble des organisations qui structurent un territoire.
Côté grands comptes, la présence du Michelin Innovation Park – Cataroux, avec Simon Pierson et Noémie Steinbrecher, constitue un signal fort : un industriel de rang mondial qui choisit d’inscrire sa démarche dans la dynamique collective du territoire plutôt que de la traiter en silo corporate.
Un mouvement ouvert, à l’échelle du massif
L’ambition de CEC Territoire Massif Central dépasse le seul cercle des inscrits. Car la logique de la CEC repose précisément sur l’effet de masse critique : une entreprise qui transforme son modèle en isolement reste fragile ; un réseau d’entreprises qui transforment ensemble crée les conditions d’un changement de norme économique à l’échelle du territoire.
En deux promotions, 60 organisations ont ouvert la brèche. Le 3ᵉ parcours doit en élargir l’impact.
Avec 39 % de son territoire couvert par la forêt, un potentiel de tourisme durable que le changement climatique pourrait encore renforcer à horizon 2050, et des filières vivantes ancrées dans des savoir-faire centenaires, le Massif central dispose de tous les atouts pour que les modèles régénératifs ne restent pas des concepts de séminaire.
Fabien Marlin et l’équipe d’embarquement restent mobilisés pour accueillir de nouveaux dirigeants. La dynamique est lancée, le mouvement est ouvert.
Il manque encore les vôtres.
Fabien Marlin, Délégué Général de CEC Territoire Massif Central et co-pilote du collectif depuis ses débuts, reste la porte d’entrée pour les dirigeantes et dirigeants qui souhaitent rejoindre le 3ᵉ parcours : fabien.marlin@cec-impact.org — ou via son profil LinkedIn.